Banque

Barclays cède 12 % de sa filiale panafricaine pour près de 800 millions d’euros

Barclays est la troisième banque en Afrique. © Alistair Grant/AP/Sipa

La banque britannique a annoncé la cession de 103,6 millions d'actions de Barclays Africa Group, sa filiale présente dans douze pays africains. Le montant de cette cession est estimé à plus de 625 millions de livres sterling (environ 797 millions d'euros).

Barclays a entamé la cession de sa participation (62 %) dans sa filiale panafricaine Barclays Africa Group Limited (BAGL), comme s’y était engagé le groupe britannique en mars dernier. Dans un communiqué publié ce mercredi 4 mai, Barclays annoncé la cession de 103,6 millions d’actions ordinaires de BAGL, soit environ 12,2 % du capital de sa filiale panafricaine.

Les acquéreurs de ces actions sont des investisseurs institutionnels, parmi lesquels Public Investment Corporation (PIC), le gestionnaire de fonds du secteur public en Afrique du Sud, qui s’est porté acquéreur de 10,3 millions d’actions parmi celles cédées par la maison mère de BAGL, soit 1,2 % du groupe bancaire panafricain. Fin 2015, PIC était déjà le deuxième actionnaire de BAGL, avec 5,6 % du capital.

L’identité des autres investisseurs participant à la cession annoncée par Barclays n’a pas été révélée.

La cession des 103,6 millions d’actions pourrait rapporter plus de 625 millions de livres sterling (797,12 millions d’euros) à Barclays, selon les estimations du Financial Times. Le quotidien américain The Wall Street Journal estime pour sa part que le montant de la transaction pourrait atteindre 700 millions de livres (893 millions d’euros).

En mars dernier, les marchés évaluaient la participation de Barclays dans BAGL à près de 4 milliards d’euros.

Contrainte réglementaires

Implanté dans douze pays africains, BAGL a réalisé, en 2015, 86 % de ses revenus (67,2 milliards de rands, soit 4 milliards d’euros au total) en Afrique du Sud, où son navire amiral Absa Bank est solidement implanté.

En mars, Barclays avait annoncé son intention de réduire drastiquement sa participation dans BAGL, principalement pour se recentrer sur ses activités au Royaume-Uni et aux États-Unis », mais aussi en raison des contraintes réglementaires supplémentaires imposées à la banque britannique. « L’environnement réglementaire implique que nous portions 100 % du risque financier de Barclays Africa alors que nous percevons seulement 62 % des bénéfices », regrettait Jes Staley, directeur général de Barclays, qui souhaite voir cette participation réduite à 20 %.

Marchés et options stratégiques

Commentant dans un communiqué la cession des 103,6 millions d’actions, le patron de Barclays a indiqué qu’il s’agit « d’une première étape importante alors que nous cherchons à réduire notre participation dans Barclays Africa à un niveau qui nous permette d’atteindre la déconsolidation réglementaire et comptable [de BAGL dans notre bilan] ».

« Comme nous l’avons dit lors de la publication de nos résultats du 1er trimestre, nous continuons à explorer les possibilités de réduire notre participation, y compris via les marchés de capitaux et à travers des les options stratégiques », a ajouté sans plus de détails le banquier américain.

Barclays reste encore, et de loin, le principal actionnaire de BAGL. À la conclusion définitive de la cession annoncée mercredi, le groupe britannique devrait conserver une participation majoritaire de l’ordre de 50,1 % dans BAGL (Barclays détient également des filiales individuelles en Égypte et au Zimbabwe).

Mais le choix de Barclays de céder une partie de sa participation à des acteurs institutionnels plutôt qu’une vente en un bloc à un consortium financier ou à une autre banque complique l’équation pour des acteurs tels que le banquier britannique Bob Diamond, qui a annoncé fin avril, son intention de racheter la participation de Barclays dans BAGL, avec l’appui du capital-investisseur américain Carlyle.

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