Justice

Nigeria : l’ex-ministre du Pétrole sous le coup d’une enquête pour tentative de fraude électorale

Diezani Alison-Madueke a été ministre du Pétrole de 2010 à 2015 sous la présidence de Goodluck Jonathan. © Ronald Zak/AP/SIPA

Diezani Alison-Madueke fait face à de nouvelles accusations. Une enquête a en effet été ouverte contre l'ex-ministre nigériane du Pétrole de l'ancien président Goodluck Jonathan, a annoncé mardi un porte-parole de l'agence anti-corruption.

L’ancienne reine du pétrole est accusée d’avoir versé des millions de dollars à des membres de la commission électorale pour influencer le vote de la dernière présidentielle au Nigeria.

Selon plusieurs médias locaux, la Commission électorale du Nigeria (INEC) est accusée d’avoir reçu 115 millions de dollars (100 millions d’euros) provenant des revenus pétroliers pour tenter d’influencer le vote en faveur du Parti démocratique populaire (PDP) de Goodluck Jonathan, battu par Muhammadu Buhari lors de la présidentielle de 2015.

Diezani Alison-Madueke dans la tourmente 

Plusieurs suspects par qui ces pots-de-vin auraient transité ont été arrêtés. Parmi eux, de hauts responsables de l’INEC, des cadres d’une compagnie pétrolière locale et le patron d’une banque commerciale. « Les comptes bancaires des personnes impliquées dans cette affaire ont également été gelés », a précisé Wilson Uwujaren, un porte-parole de la Commission contre les délits économiques et financiers (EFCC).

L’ex-ministre nigériane âgée de 55 ans a déjà été visée à plusieurs reprises par des accusations de corruption, qu’elle a toujours catégoriquement niées. Elle était notamment en charge du secteur pétrolier lorsque la compagnie nationale de pétrole nigériane (NNPC) a été accusée de ne pas avoir reversé 20 milliards de dollars de revenus pétroliers à la banque centrale du pays.

Arrestation médiatique à Londres 

En octobre 2015, elle avait aussi été arrêtée à Londres, où elle était soignée pour un cancer du sein, dans le cadre d’une enquête britannique sur des soupçons de corruption et de blanchiment à grande échelle. Son arrestation avait fait la une des journaux au Nigeria.

L’ex-ministre est aussi accusée d’avoir dépensé des millions de dollars pour ses voyages en jet privé, alors que la grande majorité des Nigérians vivent sous le seuil de pauvreté.

Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2015, Muhammadu Buhari a promis de mener une lutte acharnée contre la corruption endémique qui gangrène la première puissance économique d’Afrique, et de retrouver les sommes « astronomiques » dérobées par la classe dirigeante depuis des décennies.

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