Économie

Indépendance du Sud-Soudan : le secteur privé se frotte les mains

Mis à jour le 9 juillet 2011 à 13:10

Nouveau pays, nouvelles autorités, nouveaux contrats… Alors que le Sud-Soudan naît dans des conditions difficiles, les compagnies privées tentent d’accaparer les ressources pétrolières et agricoles du jeune et fragile 54e État d’Afrique.

Le Sud-Soudan c'est évidemment du pétrole, mais aussi de grandes étendues de terres fertiles. Le Sud-Soudan c’est évidemment du pétrole, mais aussi de grandes étendues de terres fertiles. © AFP

Depuis le référendum de janvier ouvrant la voie à la partition du plus grand pays d’Afrique, le Sud-Soudan est plus que jamais dans le viseur des compagnies internationales. Dès 2005 et l’accord de paix (CPA) signé avec Khartoum au Nord, Juba s’est attelé à revoir l’enregistrement de toutes les entreprises non soudanaises présentes sur son territoire. Et d’après le nouveau registre établi par le gouvernement provisoire, quelque 9000 compagnies sont déjà actives dans le pays.

Parmi elles, les sociétés pétrolières fondent de grands espoirs sur les potentialités du sous-sol sud-soudanais : pas moins de 9 milliards de barils seraient disponibles. Total possède le plus grand bloc d’exploration depuis 1980, d’une surface de 120 000 km2. Et le pétrolier français espère enfin démarrer ses activités : entre la guerre civile et les sanctions américaines envers Khartoum, il n’a pour ainsi dire jamais pu se mettre au travail.

Diversification agricole

Les Chinois de CNOOC n’ont quant à eux jamais cessé de produire dans des blocs situés à cheval sur la frontière. Ils espèrent désormais trouver un accord de partage des ressources (qui pourrait passer par la création d’une coentreprise entre les deux pays).

Mais Juba, dont les revenus dépendent de 80 à 85% de la rente pétrolière, doit à tout prix diversifier son économie. L’une de ses premières ressources rapidement exploitables est son potentiel agricole. Déjà, 9% de son territoire aurait été concédé à des firmes étrangères. L’une des plus controversées, la Nile Trading and Development Inc., est basée à Dallas aux États-Unis. Filiale de Kinyeti Development et dirigée par le multi-millionnaire David Neiman, la compagnie s’est vu attribuer un bail de 49 ans pour 600 000 hectares et une option sur 400 000 autres hectares, pour la modique somme de… 25 000 dollars !

Contrats léonins

Dans ce contrat (léonin ?), aucune restriction ni clause d’aucune sorte : tout ce que l’entreprise découvrira (minerai, pétrole…), elle pourra l’exploiter librement. Celle-ci envisage d’ores et déjà  de planter du jatropha pour la fabrication de bio-carburants, et des palmiers à huile. Mais d’autres sociétés, africaines celles-là, sont aussi sur les rangs.

C’est notamment le cas d’une série d’entreprises éthiopiennes. Awash Welday Water Works and General Contractor a déjà signé un contrat de 1,5 million de dollars avec le Sud-Soudan pour des projets dans l’eau et la construction. Niat Building Contractor PLC, Rivan Co. Engineering PLC, mais aussi les banques étatiques Ethiopian Commercial bank et Ethiopia Insurance Company… Un nouveau pays offre, forcément, un nouveau marché. Et souvent à des prix très compétitifs…