Politique

Niger : l’opération « ville morte » peu suivie, la société civile appelle à manifester

L’opération « ville morte », organisée par le collectif « Résistance citoyenne », jeudi au Niger, n’a été que très partiellement suivie. Un « échec total » selon les autorités, mais « la lutte ne fait que commencer », rétorquent les organisateurs, qui appellent à manifester samedi.

Mis à jour le 29 avril 2016 à 17:53

Le pont sur le fleuve Niger à Niamey. © Vincent Fournier pour J.A.

Niamey n’avait pas grand-chose d’une ville morte, jeudi 28 avril. Alors que le collectif « Résistance citoyenne » avait appelé à la mobilisation, les banques, les marchés et autres magasins de la capitale sont restés ouverts, et les transports ont fonctionné comme à leur habitude.

« L’opération « ville morte » décrétée par le collectif « Résistance citoyenne » a été, comme il fallait s’y attendre, un fiasco total », n’a pas manqué de souligner le ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum.

« Seuls ceux qui ignorent absolument tout du Niger pouvaient parler de cette « Opération ville morte » comme d’un événement à venir », a-t-il poursuivi. Et d’ajouter, sur Twitter : « Les responsables du collectif sont des hommes politiques qui n’ont jamais osé solliciter le suffrage populaire ».

« Nous sommes sûrs de la victoire finale »

Pour les organisateurs de cette journée, le tableau n’est pas si sombre. « La ville morte n’est pas un échec total et a été partiellement suivie, malgré les moyens déployés par le gouvernement », explique Ali Idrissa, qui souligne que la plupart des rassemblements sont interdits depuis trois ans.

Une manifestation organisée par « Résistance citoyenne » avait été interdite dimanche 24 avril.  « La lutte ne fait que commencer, nous sommes sûrs de la victoire finale », explique un responsable du collectif à l’agence de presse chinoise Xinhua, avançant que, du fait des coupures d’électricité, la population n’a pu être suffisamment informée.

« Résistance citoyenne », qui regroupe une vingtaine d’ONG et entend dénoncer les irrégularités ayant marqué les dernières élections présidentielle et législatives, appelle désormais à une marche suivie d’un meeting, de la place Toumo à la place de la Concertation, samedi 30 avril. La manifestation a toutefois d’ores et déjà été interdite, en fin de journée vendredi 29 avril.