Culture

Livres : l’Afrique se donne rendez-vous à Genève

Avec le Pavillon des cultures arabes et le Salon africain, c’est la création littéraire de tout le continent qui est mise en lumière, du 27 avril au 1er mai, à l’occasion du Salon du livre et de la presse de Genève.

Par - envoyée spéciale à Genève
Mis à jour le 28 avril 2016 à 12:54

Le Salon africain. © Salon du livre/Pierre Albouy.

Pour ses 30 ans, le Salon du livre de Genève, qui s’est ouvert le 27 avril, a choisi de mettre à l’honneur la création tunisienne, invitant notamment le poète Slah Ben Ayed, les écrivains Messaouda Ben Boubaker, Rafik Ben Salah, la psychanalyste Raja Ben Slama, l’universitaire Sihem Debbabi Missaoui… Si la programmation officielle a pu être contestée par une douzaine d’éditeurs tunisiens qui la jugeaient trop « étatiste » et s’estimaient peu représentés, le Pavillon des cultures arabes propose de nombreuses rencontres tout au long du salon, avec entre autres Fawzia Zouari, Gilbert Sinoué, Leïla Slimani, Robert Solé, Anouar Benmalek, Yasmina Khadra, Abdellatif Laâbi, Sapho, les deux lauréats du Grand Prix du roman de l’Académie française Hedi Kaddour et Boualem Sansal, qui est également invité dans le cadre du dynamique Salon africain animé par Pascale Kramer et Boniface Mongo-Mboussa.

Un casting de choix

Plus d’une quarantaine de poètes, d’essayistes, de romanciers, de critiques littéraires, de philosophes, du continent mais aussi d’Europe et de Haïti, discuteront pendant cinq jours de “L’Afrique, patrimoine de l’humanité”. Vaste programme qui permet aussi bien d’évoquer 100 ans de négritude à travers l’oeuvre de Bernard Dadié (à qui le Salon africain rend hommage à l’occasion de son centenaire), de revenir sur Le Devoir de violence de Yambo Oualaguem, l’engagement de Mongo Beti, l’héritage de Fanon, la place du tambour dans les imaginaires africains avec Beyrouk (Le Tambour des larmes) et Scholastique Mukasonga (Coeur tambour), ou les poètes malgaches Rabearivelo et Esther Razanadrasoa, évoqués dans le très beau L’Oragé de Douna Loup (lauréate du 5e prix du Salon du livre de Genève, ex aequo avec Florian Eglin)…

Une Afrique décomplexée

Mais pas question, bien évidemment, de ne se tourner que vers le passé. Il sera question aussi de penser l’avenir décomplexé des Afropéens avec la militante Rokhaya Diallo, d’évoquer une Afrique en mouvement avec le penseur Felwine Sarr, de célébrer la nouvelle scène littéraire avec le lauréat du prix Kourouma, qui sera décerné vendredi 29 avril à 16h. Cette année, le Salon africain propose 4 temps forts : “une heure avec” Christiane Taubira (qui a fait forte sensation le 27 avril devant un large public conquis), l’Algérien Boualem Sansal, le nouveau titulaire de la chaire de création artistique du Collège de France Alain Mabanckou et l’Académicien Dany Laferrière.

En invitant des plumes aussi prestigieuses et en faisant la part belle également aux jeunes talents, année après année, le Salon africain de Genève est en train de devenir l’un des rendez-vous incontournables de la création littéraire du continent.

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