Energie

En Tunisie, les juniors en tête de la relance

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En matière d’hydrocarbures, la politique menée par le gouvernement tunisien dès les années 2000 a porté ses fruits en permettant aux juniors tunisiennes de se faire épauler par des multinationales.

Site d'exploitation de l'Entreprise tunisienne d'activités pétrolières (Etap). Site d’exploitation de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap). © D.R.

Cela ressemblerait presque à une ruée vers les hydrocarbures. Face à la baisse de la production nationale à la fin des années 1990 et au désamour des compagnies internationales, qui ont préféré investir ailleurs sur le continent, le gouvernement tunisien a consenti, dès 2000, des facilités fiscales aux compagnies étrangères qui formaient des joint-ventures avec l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap). Dix ans après, plus d’une cinquantaine de majors, aux côtés de compagnies tunisiennes (Sergaz, Sotrapil…), ont obtenu pas moins de 54 permis d’exploration – dont 10 en offshore.

En trois ans, les investissements ont plus que quintuplé, à 1,4 milliard d’euros en 2008 (contre 250 millions en 2005), et représentent aujourd’hui 60 % des investissements directs étrangers. La production annuelle est passée de 26 millions de barils de pétrole en 2005 à 31 millions en 2009. Et le pays annonce déjà un doublement en 2010, à 60 millions de barils.

Un secteur redynamisé

Dopées par un prix du baril élevé, ce sont surtout les juniors, venues en nombre, qui créent la surprise. Dans le sillage de l’américain Pioneer Natural Resources, les canadiens Eurogas et Candax et le suédois PA Resources ont par exemple lancé diverses opérations de prospection et de forage. Samuel Ciszuk, analyste chez IHS Global Insight, spécialiste de l’énergie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, fait remarquer que « la Tunisie n’a jamais été un gros producteur de pétrole. Par conséquent, le pays vise les entreprises de petite taille », qui ont du mal à se faire une place ailleurs au milieu des majors.

La Tunisie peut désormais se targuer d’avoir redynamisé un secteur hier endormi. Avec une moyenne annuelle de 30 puits forés depuis cinq ans, contre 19 pour le quinquennat précédent, le pays a doublé ses réserves prouvées : 600 millions de barils aujourd’hui, contre 300 millions en 2007. Sur les dix gisements découverts, principalement dans le Sud tunisien, le site de Jenin, exploré par différents concessionnaires dont le canadien Chinook et l’autrichien OMV, est parmi les plus prometteurs en gaz et en pétrole.

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