Diplomatie

Burundi : s’il n’est pas consulté en amont, le gouvernement ne participera pas au dialogue

Pierre Nkurunziza, le président burundais, le 17 mai 2015 à Bujumbura.

Pierre Nkurunziza, le président burundais, le 17 mai 2015 à Bujumbura. © Carl de Souza/AFP

Après l’annonce par les médiateurs internationaux d’une reprise des pourparlers interburundais à partir du 2 mai à Arusha, le gouvernement a annoncé mercredi qu’il ne prendra pas part à ce dialogue s’il n’est pas consulté en amont.

« Le gouvernement burundais doit être consulté [car] nous devons convenir des personnes qui devraient être invitées, des dates et du lieu », a déclaré, mercredi 27 avril, Willy Nyamitwe, responsable de la communication de la présidence du Burundi, dans une déclaration sur la radio nationale.

« Le gouvernement a reçu l’invitation aujourd’hui [mercredi] et l’analyse », a déclaré plus tard le conseiller du président Nkurunziza. « Il pourra y répondre à tout moment par les canaux autorisés », a-t-il précisé sans autre commentaire.

L’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, nouveau co-médiateur dans la crise burundaise, avait annoncé dans un tweet samedi la reprise du dialogue interburundais du 2 au 6 mai à Arusha, assurant que « toutes les parties prenantes devraient être présentes à cette session inaugurale ».

Bras de fer se poursuit entre Bujumbura et le Cnared

Malgré les pressions et sanctions de la communauté internationale, le gouvernement refuse jusqu’à présent de s’asseoir à la même table que le Cnared, une plate-forme qui regroupe la quasi-totalité de l’opposition burundaise, en exil ou restée au pays.

« Ceux qui ont attenté à la vie des citoyens, qui ont voulu renverser des institutions démocratiquement élues et d’autres qui ont versé dans l’insurrection armée dans notre pays ne peuvent pas être conviés à ce dialogue », a martelé à la radio Willy Nyamitwe.

Le Cnared, qui a désigné dimanche un nouveau président, Jean Minani, a de son côté annoncé qu’il était prêt à se rendre à Arusha, même s’il n’avait pas encore reçu d’invitation.

« Le gouvernement de fait de Bujumbura doit savoir qu’il ne fait pas partie de la médiation mais que c’est une partie au conflit, au même titre que le Cnared », a déclaré Jérémie Minani, son responsable de la communication. « Ce n’est pas à lui de faire la liste des participants ou de fixer l’agenda des discussions », a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont quant à eux « salué » l’annonce du co-médiateur M. Mkapa, appelant les « parties à participer pleinement sans conditions préalables », selon un communiqué du département d’État. Et de poursuivre : « Le plus tôt cette crise sera résolue, le plus tôt nous pourrons aider le Burundi sur la voie de la prospérité et d’un plus grand développement. »

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