Économie

Mali : ce géant minier qui s’ignore

Mis à jour le 20 octobre 2010 à 14:03

Même si l’or reste le premier produit d’exportation du Mali, ce géant espère avec l’adoption du nouveau code minier favoriser les autres matières premières extraites de son sous-sol.

La « monoculture de l’or » : c’est ce qu’évoque encore le Mali, troisième producteur africain de métal jaune, après l’Afrique du Sud et le Ghana, pour la plupart des opérateurs miniers. Peut-être plus pour très longtemps. « Notre mot d’ordre, c’est la diversification, confie un conseiller du ministère des Mines. Le nouveau code minier doit être finalisé en décembre prochain. Son point central est une fiscalité plus incitative, plus souple, plus transparente, et, surtout, plus appliquée. »

Lancé en 2007 par Ahmed Sow, prédécesseur de l’actuel ministre des Mines, Igor Diarra, le projet de nouveau code minier devait être adopté par les députés au premier trimestre de 2009. Ce retard, d’un an et demi aujourd’hui, est dû aux discussions intensives avec les opérateurs pour un partenariat « gagnant-gagnant », explique-t-on au ministère. L’enjeu est de faire migrer les opérateurs vers ce nouveau code et ne pas renouveler l’échec du code de 1999 – à l’époque, la loi leur en donnant le droit, tous les miniers, sauf un, étaient restés sous la législation du code minier de 1991.

À la recherche de nouveaux investisseurs

Si l’or reste de loin le premier produit d’exportation du Mali (15 % du PIB, une production moyenne de 50 tonnes par an et 800 t de réserves estimées), l’objectif des autorités est désormais d’attirer de nouveaux investisseurs en valorisant au maximum les autres ressources du pays, aussi nombreuses que sous-exploitées.

Au premier rang des espoirs maliens figure l’or noir. L’exploration pétrolière bat son plein dans 5 bassins sédimentaires, divisés en 28 blocs dont 15 sont déjà attribués à des sociétés partenaires de l’État malien, parmi lesquelles l’italien ENI, l’algérien Sipex, l’américain Glencore…

Le sous-sol malien est également riche en calcaire (avec des réserves estimées à 122 millions de t), de marbres (60 millions de t) ou de métaux comme la bauxite (1,5 milliard de t), le manganèse (150 millions de t), le plomb et le zinc (1,7 million de t), et le fer (2 milliards de t). Première initiative d’envergure, la société Sahara Mining, filiale de la compagnie indienne Sandeep Garg, doit commencer prochainement l’extraction d’environ 50 000 t de minerai de fer dans la chaîne montagneuse de Tienfala, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Montant de l’investissement : 40 millions de dollars.