Politique

RD Congo : quatre étrangers arrêtés lors de la manifestation de dimanche à Lubumbashi

Ils ont été interpellés dimanche avec plusieurs militants proches de l’opposant Moïse Katumbi lors d’une manifestation contre le pouvoir à Lubumbashi, dans le sud du pays. Selon les autorités congolaises, ils ont été transférés à Kinshasa lundi.

Par
Mis à jour le 25 avril 2016 à 16:41

Le rassemblement de l’opposition à Kinshasa le 24 avril 2016. © Junior Kannah / AFP

Plusieurs mouvances de l’opposition congolaise avaient programmé des manifestations populaires dimanche 24 avril, en marge du 26e anniversaire du processus de démocratisation dans le pays lancé le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko. Les autorités avaient quant à elles interdit tout rassemblement « en extérieur » susceptibles de gêner la circulation.

Si à Kinshasa les différentes mobilisations se sont déroulées dans le calme, à Lubumbashi plusieurs centaines de manifestants qui accompagnaient l’ancien gouverneur Moïse Katumbi, probable candidat à l’élection présidentielle, ont été dispersés par la police.

Les Congolais libérés, les étrangers retenus

Le chef provincial de la police avait indiqué dimanche soir qu’une vingtaine des lieutenants de Moïse Katumbi avaient été arrêtés. Lundi, tous les Congolais auraient été libérés, selon le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. En revanche, il a déclaré à l’AFP sans vouloir citer nommément M. Katumbi  que « la situation de quatre étrangers prétendument gardes du corps d’un acteur politique devant être tirée au clair, ils ont été transférés à Kinshasa ». Et d’ajouter qu’un ressortissant américain figure parmi eux.

« Des intimidations constantes »

« La police à tiré sur moi des balles réelles et quatre de mes sympathisants parmi les personnes arrêtées viennent d’être transférés à Kinshasa », a de son côté réagi M. Katumbi, en assurant que l’un d’eux, passé à tabac, a vomi du sang.  Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, il a également dénoncé des « intimidations constantes » ainsi que  » des atteintes aux libertés et des violences inacceptables ».

Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme a de son côté confirmé le transfert de quatre personnes interpellées vers les bureaux de l’Agence nationale de renseignements à Kinshasa.

Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée à l’organisation de la présidentielle censée avoir lieu fin novembre. L’opposition accuse Jospeh Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manœuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.