Politique

Libye : le gouvernement d’union nationale prend le contrôle du siège du ministère des Affaires étrangères

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Mis à jour le 25 avril 2016 à 20:04

Le nouveau chef de gouvernement libyen, Fayez al-Serraj, à son arrivée à Tripoli le 30 mars 2016. © AP/SIPA

Le gouvernement d’union nationale libyen a pris lundi le contrôle du siège du ministère des Affaires étrangères, un pas supplémentaire pour asseoir son autorité dans ce pays livré aux milices et pouvoirs rivaux depuis des années.

Mohamad Amari, ministre d’État du gouvernement d’union, a signé les documents administratifs au siège du ministère au nord de Tripoli, une mesure qui renforce le contrôle des nouvelles autorités sur les rouages de l’État, selon un journaliste de l’AFP.

Six ministères sous contrôle

Depuis lundi dernier, le gouvernement d’union a pris le contrôle des ministères des Transports, des Affaires sociales, de l’Habitat, de la Jeunesse et des Sports, et de la Gouvernance locale. « Les sièges des ministères des Wakfs (biens religieux), du Plan, de l’Éducation et du Travail » seront transférés au cours de cette semaine, a précisé Mohamad Amari à l’AFP, ajoutant que « dès que les ministres auront prêté serment, ils pourront commencer à travailler à partir de ces ministères ».

Car même si le gouvernement d’union a pris contrôle de ces six ministères, ces derniers ne fonctionnent pas encore.

En attente de légitimité

Le Conseil d’État libyen, la plus haute instance consultative issue de l’accord politique parrainé par l’ONU, a pris ses fonctions et tenu sa première réunion vendredi dans les locaux de l’ex-Parlement à Tripoli.

Même si sa légitimité n’a pas encore été consacrée par un vote du Parlement reconnu par la communauté internationale et installé à Tobrouk (est), le gouvernement d’union s’est autoproclamé en mars, sur la base d’un communiqué de soutien d’une centaine de parlementaires.

Dans une déclaration publiée jeudi, une majorité de députés du Parlement (102) de Tobrouk a exprimé sa confiance à ce gouvernement, expliquant avoir été empêchés de voter formellement. Ces parlementaires souhaitent que « la session lors de laquelle les ministres prêteront serment soit organisée d’ici la fin de la semaine prochaine », hors de Tobrouk.

Plusieurs pays européens envisagent de rouvrir leurs ambassades en Libye. En l’espace d’une semaine, les ministres des Affaires étrangères italien, français et allemand se sont rendus à Tripoli pour rencontrer Fayez al-Sarraj, le Premier ministre désigné par l’ONU. Début avril, la Tunisie avait annoncé la réouverture de son ambassade et de son consulat dans la capitale libyenne, suivie quelques jours après par l’Algérie.