Transports

Mayoro Racine confirme être en négociation avec les Émirats arabes unis

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Mayoro Racine est le directeur général de Sénégal Airlines.

Mayoro Racine est le directeur général de Sénégal Airlines. © Sylvain Cherkaoui/JA

Sénégal Airlines est entré en discussion avec un transporteur aérien émirati dans le cadre d’un projet de recapitalisation partielle. Un mémoradum d’entente a déjà été signé avec l’État sénégalais, a dévoilé à Jeune Afrique Mayoro Racine, directeur général de la compagnie aérienne.

Mayoro Racine, le directeur général de Senegal Airlines a confirmé le 5 février le projet de recapitalisation partielle de sa compagnie, révélé par le quotidien dakarois L’As. « Un mémorandum d’entente a été signé en ce sens entre l’État et une compagnie émiratie dont je ne souhaite pas révéler le nom », a lâché Mayoro Racine, interrogé par Jeune Afrique.

Négociations

« Il s’agit d’un premier jalon dans le cadre d’une négociation qui doit se poursuivre entre les parties concernées, afin d’aboutir à un accord final comportant des volets financier, technique et opérationnel », a-t-il précisé, sans confirmer toutefois les « 33% de prise de participation » annoncés par L’As. Les deux compagnies discutent notamment des différentes possibilités de partages de code (lignes opérées conjointement).

La compagnie nationale sénégalaise perd de l’argent depuis sa création en 2011 sur les ruines d’Air Sénégal International, jadis filiale de la Royal Air Maroc. « Elle souffre à la fois d’une sous-capitalisation (à hauteur de seulement 16,5 milliards de F CFA), d’un contexte de libéralisation défavorable, et enfin d’un besoin en fonds de roulement excessif », analysait Mayoro Racine dans une interview avec Jeune Afrique en octobre 2014.

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Mission : redresser la barre

Nommé à la tête de la compagnie en mars 2014, ce dernier avait pour mission principale de trouver un partenaire pour redresser la barre, pour soulager l’Etat qui l’a maintenu à flots en mettant la main au portefeuille.

Sollicité par Dakar, mi 2014, South African Airways, également en situation financière difficile, avait renoncé à s’associer avec Senegal Airlines. Quant à la Royal Air Maroc, échaudée par ses relations difficiles avec les autorités lors de sa précédente expérience avec Air Sénégal International, elle ne souhaitait pas s’aventurer à nouveau au pays de la Teranga.

Intérêt

Reste qu’une éventuelle prise de participation venue du Golfe laisse songeurs les connaisseurs du secteur aérien africain. « Dans cette affaire, quel est l’intérêt d’Emirates ou d’Etihad, les deux principales compagnies des Emirats Arabes Unis actives en Afrique, mais qui n’ont aucun accord commercial avec Sénégal Airlines ? », s’interrogeait Cheick Tidiane Camara, associé du cabinet spécialisé Ectar. Selon ce spécialiste « cet accord potentiel répond d’abord à un agenda politique, et non économique ».

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Scénarios

À Dakar, le 5 février au soir, en attendant plus d’éclaircissements, tous les scenarii étaient encore possibles. Emirates, dirigé depuis Dubaï, dessert Dakar depuis plusieurs années depuis Dubaï, et connaît bien la destination et les autorités. 

Mais Etihad, basé à Abu Dhabi, dont les avions n’atterrissent pas dans le pays, est peu présent en Afrique de l’Ouest, et recherche actuellement des opportunités sur tout le continent. Il a notamment étendu en décembre 2014 son partenariat avec South African Airways, dans laquelle elle pourrait prendre une participation minoritaire dans les prochains mois, et pris 40 % d’Air Seychelles en 2012.

Par Christophe Le Bec, avec Mehdi Ba à Dakar

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