Société

Le meurtre de dix membres d’une même famille émeut le Maroc

Samedi, dix membres d’une même famille ont été tués dans la province d’El Jadida. L’homme accusé de ce carnage est lui même membre de cette famille et souffrirait de troubles mentaux.

Mis à jour le 25 avril 2016 à 19:11

La police marocaine dans un quartier de Casablanca en 2014. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

C’est un des crimes les plus atroces jamais vus au Maroc. Samedi 23 avril, la brigade de gendarmerie de Sidi Ismail, dans la province d’El Jadida (à 160 km de Rabat), est alertée pour un carnage perpétré dans le douar (village) de Lagzamra. Arrivées sur place, les forces de l’ordre sont horrifiées par la scène : dix cadavres de la même famille violemment assassinée à l’arme blanche. L’auteur présumé de la tuerie aurait tué ses deux parents, son épouse, son oncle et ses cousins ainsi que son grand oncle et d’autres proches de la famille, âgés entre 17 et 80 ans. Quatre des filles du suspect ont néanmoins été épargnées. Les gendarmes les ont retrouvées dans une des chambres de l’habitation.

L’auteur présumé, aujourd’hui incarcéré, souffrirait de troubles mentaux. Des témoignages d’habitants du douar de Lagzamra font état des « crises » que connaissait l’individu.

40% des Marocains souffrent de troubles mentaux

Dans la petite mosquée du village, une centaine de personnes étaient ainsi réunies pour l’inhumation des victimes, dimanche 24 avril, après la prière d’Al Asr (vers 16H). Les officiels de la région ont évidemment fait le déplacement et à leur tête, le gouverneur d’El Jadida, Mouad Jamai.

Cette affaire risque d’avoir des retentissements dans l’ensemble du pays, notamment car elle révèle les carences du royaume en matière de prise en charge des maladies mentales. À l’heure où les enquêtes épidémiologiques du ministère de la Santé marocain relèvent que « 40% de la population marocaine âgée de plus de 15 ans, souffre ou a souffert d’un trouble mental, d’intensité évidemment variable », les objectifs de doubler la capacité d’accueil et de former plus de spécialistes sont encore loin d’être atteints.