Droits de l’homme

Gambie : 36 opposants inculpés et maintenus en détention

À Banjul, un panneau à la gloire du président  Yahya Jammeh, qui était au pouvoir depuis 1994.

À Banjul, un panneau à la gloire du président Yahya Jammeh, qui était au pouvoir depuis 1994. © AP Photo/AP/SIPA

La répression des opposants gambiens se poursuit. Trente-six personnes, dont le chef de l’opposition, ont été arrêtées entre le 14 et le 16 avril.

En tout, ce sont 36 opposants, dont Ousainou Darboe, le chef de l’United Democratic Party (Parti démocratique uni, UDP), qui ont été arrêtés lors de deux manifestations, les 14 et 16 avril. Ils doivent répondre de six chefs d’accusation, dont « rassemblement illégal » et « incitation à la violence ».

Décès suspect de Solo Sandeng

À l’origine de la manifestation du 16 avril, au cours de laquelle 18 opposants ont été arrêtés : la mort en prison d’un opposant au régime. Le 14 avril, 18 autres opposants étaient arrêtés avec un cadre du parti UDP, Solo Sandeng. Ils s’étaient rassemblés pour réclamer des réformes politiques dans le pays, gouverné sans partage par le président Yahya Jammeh depuis près de 22 ans.

Solo Sandeng avait alors été emmené dans un véhicule vers une direction inconnue, selon des témoins. Deux jours plus tard, sa mort en détention était annoncée par l’UDP et par Amnesty International.

L’ONU hausse le ton 

Les Nations unies ont appelé la Gambie à mener une enquête approfondie sur la mort de l’opposant. Mais le ministre gambien de l’Information, Sheriff Bojang, a répondu n’avoir « aucun indice » sur la mort en détention d’opposants.

Jeudi 21 avril, les 36 prévenus ont plaidé non coupable et leurs avocats ont réclamé leur libération sous caution, une demande sur laquelle le tribunal doit se prononcer la semaine prochaine.

Le sort incertain de deux opposantes

Deux femmes, Nogoi Njie et Fatoumata Jawara, arrêtées en compagnie de Solo Sandeng et présumées mortes ou sérieusement blessées, n’ont pas comparu. Le chef de l’UDP avait annoncé samedi qu’elles se trouvaient dans le coma.

Accusé par des ONG et le département d’État américain de disparitions forcées et de harcèlement de la presse et des défenseurs des droits de l’homme, Yahya Jammeh rejette et ignore ces accusations. Il est d’ailleurs candidat à un cinquième mandat à la présidentielle de décembre, et a été investi février candidat de son parti, l’Alliance pour la réorientation et la construction patriotique (APRC).

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte