Économie

Jimmy Dando : « En Afrique, Nissan peut clairement mieux faire »

Jimmy Dando assure le développement au sud du Sahara du constructeur japonais Nissan. L’objectif de cet ingénieur sud-africain de 55 ans : dépasser les 100 000 véhicules neufs vendus chaque année en Afrique subsaharienne.

Mis à jour le 4 août 2011 à 17:54
Dici à 2014, Dando compte vendre plus de 100 000 Nissan neuves par an au Sud du Sahara. Dici à 2014, Dando compte vendre plus de 100 000 Nissan neuves par an au Sud du Sahara. © Nissan

Jeune Afrique : Quelles sont les ambitions de Nissan en Afrique ?

Jimmy Dando : À l’horizon 2015, nous comptons vendre 52 000 véhicules sur le continent, hors Afrique du Sud [47 000 véhicules en 2010, NDLR] et Égypte, alors que nous devrions en écouler 30 000 en 2011. D’ici à trois ans, nous espérons dépasser le chiffre des 100 000 Nissan neuves vendues chaque année au sud du Sahara, dont la moitié en Afrique du Sud.

Sur quoi vous basez-vous pour espérer une telle croissance ?

Le continent représente seulement 2 % du marché automobile mondial, alors que 10 % des habitants du globe y vivent. Ce décalage est en train de se combler. Depuis 2005, le nombre d’Africains qui peuvent se payer une voiture augmente de 6 % chaque année. Les réseaux routiers s’améliorent peu à peu, notamment dans les villes, ce qui rend le 4×4 moins incontournable. La crise économique a eu un effet négatif sur nos ventes, qui sont tombées de 38 000 à 26 000 entre 2008 et 2009, mais nous sommes très optimistes sur le long terme.

Comment vous différenciez-vous des autres constructeurs ?

D’abord, nous bénéficions d’une excellente notoriété : nous sommes la deuxième marque la plus vendue au sud du Sahara, derrière Toyota, et sommes leaders dans des pays aussi variés que la RDC, la Zambie, le Ghana et Maurice. Ensuite, nous avons considérablement étoffé notre offre depuis 2005, notamment sur le segment des véhicules utilitaires, qui représente plus de la moitié du marché africain global et 48 % de nos propres ventes. Nous proposons toujours le pick-up D22, réputé pour sa robustesse, ou encore le Patrol. Mais nous avons aussi introduit de nouveaux produits, comme le pick-up NP200, destiné aux artisans et fabriqué en Afrique du Sud, et les citadines Micra et Tiida, qui rencontrent un beau succès dans les capitales et représentent déjà près de 20 % de nos ventes.

Quels sont les pays prioritaires pour Nissan ?

Nous pouvons clairement mieux faire sur le marché nigérian, l’un des plus compétitifs, car il dispose d’une importante diaspora, très exigeante sur les produits. Au Cameroun, nous voulons étendre notre réseau à l’intérieur du pays, notamment dans les villes de taille moyenne, ce qui impose une meilleure organisation logistique.

Justement, vous discutez avec d’autres constructeurs, dont Toyota et General Motors, pour réduire vos coûts d’acheminement entre vos usines d’Afrique du Sud et le reste du continent. Où en êtes-vous ?

Nous voulons nous grouper pour négocier conjointement nos frais d’expédition auprès des transporteurs maritimes. Il n’est pas normal que cela coûte 2 400 dollars [1 670 euros] d’expédier une voiture d’Afrique du Sud jusqu’au port de Matadi [RDC], contre à peine 1 000 dollars entre le Japon et l’Europe ! Les discussions viennent de débuter. Elles ne sont pas simples, car chacun veut garder une certaine flexibilité logistique, mais je suis sûr que nous parviendrons à un accord. Mais nous attendons aussi une baisse des frais de douane. Sur ce plan-là, nous comptons sur le gouvernement sud-africain et ses partenaires pour faire avancer les accords de libre-échange.