Automobile

Une voiture électrique 100% africaine

Avec la Joule, un véhicule développé sur le continent, les Sud-Africains veulent démontrer leur capacité à être compétitifs sur un créneau d'avenir.

La joule, ce petit bijou de technologie, affiche une autonomie de 300km. La Joule, ce petit bijou de technologie, affiche une autonomie de 300km. © Optimal Energy

L’Afrique du Sud, leader sur le marché des voitures électriques ? C’est le pari d’Optimal Energy, un cabinet d’ingénierie de 100 salariés spécialisé dans les énergies renouvelables, qui se rêve en constructeur d’automobiles. Basée au Cap, la société créée en 2005 par Kobus Meiring, Mike Lomberg et Jian Swiegers ambitionne en effet de produire pas moins de 50 000 exemplaires annuels de son premier modèle, la bien nommée Joule (du nom de l’unité de mesure de l’énergie).

Présenté aux salons de l’automobile de Paris et de Genève, ce véhicule peut transporter cinq passagers avec une autonomie de 300 km et une vitesse de pointe de 135 km/h. La recharge de la batterie au lithium-ion, qui se fait sur une simple prise domestique, prendra sept heures. Les citadins sud-africains sont, selon Optimal Energy, 99 % à parcourir moins de 150 km par jour. Ils pourraient donc être attirés par ce petit modèle, même s’il n’est pas encore à la portée de toutes les bourses (autour de 24 000 euros !).

Démarrage en douceur

Dessiné par le designer Keith Helfet, un enfant du pays à qui l’on doit trois modèles de Jaguar, ce premier véhicule électrique 100 % africain sera d’abord produit en petite série pour le marché national, avant de l’être à grande échelle à partir de 2012. À l’international, la Joule sud-africaine, qui se distingue par des panneaux solaires intégrés, veut concurrencer les petits modèles électriques en gestation comme la Bluecar de Bolloré-Pininfarina, les véhicules PSA-Mitsubishi (Peugeot iOn, Citroën C-Zéro, Mitsubishi i-Miev) ainsi que les modèles Renault « zéro émission ».

Pour l’instant, la firme sud-africaine négocie avec un constructeur allemand pour l’aider à industrialiser son modèle. À terme, Optimal Energy prévoit que 10 % des véhicules seront produits pour l’Afrique du Sud et le reste pour l’export. Une usine devrait voir le jour près de Port Elizabeth, dans le sud du pays, et créer 10 000 emplois.

Bénédiction des autorités

Le développement de la Joule a la bénédiction des autorités de Pretoria. Le fonds pour l’innovation du ministère sud-africain des Sciences et de la Technologie a d’ailleurs fait partie du premier tour de table financier lors de la création d’Optimal Energy. Il a été rejoint depuis au capital de l’entreprise par l’Industrial Development Corporation of South Africa, un fonds qui a pour objectif le développement industriel du pays. La nation Arc-en-Ciel a plus de quatre-vingts ans d’expérience dans la production automobile depuis l’arrivée de Ford dans les années 1920. Tous les grands constructeurs se sont installés dans le pays : Toyota, General Motors, Mercedes, BMW, Opel, Volkswagen, Nissan, Renault et Mitsubishi.

En démontrant avec la Joule sa capacité à maîtriser les hautes technologies propres, l’Afrique du Sud espère pérenniser l’avenir de son industrie automobile, d’autant que celui du site d’assemblage de Hummer est bien compromis.

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