Défense

Algérie : la multiplication des saisies d’armes de guerre inquiète la population

Des soldats algériens, le 9 octobre 2014, près du village d'Ait-Ouabane. © Farouk Batiche/AFP

Vendredi dernier le ministère de la Défense annonçait une nouvelle saisie d'armes de guerre. Ce type d'opérations s'est multiplié depuis le début de l'année dévoilant des arsenaux de plus en plus lourds.

Une cache contenant 127 armes de guerre, des moyens de liaison et une grande quantité de munitions a été découverte vendredi 15 avril à Kouinine, dans la région d’El Oued, a fait savoir le ministère de la Défense nationale (MDN) dans un communiqué.

Des armes plus sophistiquées

Parmi ces armes, des mortiers de calibres 60 et 81 millimètres, des fusils mitrailleurs, des lance-roquettes, des mitrailleuses, des kalachnikovs ou encore des fusils à lunettes. Également des munitions en tous genres, dont 35 014 balles de différents calibres, des grenades et des mines anti-char.

Cette cache avait été révélée par l’un des 14 terroristes « neutralisés » mi-mars à Kouinine, avant qu’il ne succombe à ses blessures, d’après le communiqué du ministère.

Le 16 avril, un détachement de l’Armée nationale populaire a aussi découvert et détruit quatre abris pour terroristes à Jijel, au nord-est du pays. « Trois bombes de confection artisanale, deux fusils de chasse, une quantité de munitions et des outils de détonation » y ont été saisis.

« Depuis le début de l’année, il est devenu évident que ces armes ne viennent plus du Sahel, mais qu’elles sont plus sophistiquées et proviendraient plutôt de la Libye », nous explique Akram Kharief, journaliste algérien et spécialiste des questions de défense et de sécurité.

La population algérienne inquiète

Suite à l’attaque terroriste à Ben Guerdane (au sud-est de la Tunisie) et après des mois de conflit en Libye, l’armée algérienne avait appelé à une vigilance accrue au niveau national mais aussi de la part des autres pays de la région. Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major, avait annoncé que l’Algérie serait sur le qui-vive pour  pouvoir « demeurer forte face à ses ennemis ». Une situation inédite depuis la « décennie noire » en Algérie, dans les années 1990.

« Il ne s’agit pas d’un phénomène algéro-algérien, mais d’un réseau international qui touche aussi d’autres régions et qui s’intéresse en ce moment à l’Algérie », estime Akram Kharief.

La communication du ministère de la Défense nationale sur ces saisies inquiète les Algériens plus qu’elle ne les rassure mais pour Akram Kharief,  « l’armée a l’expérience, le matériel et les effectifs » nécessaires pour faire face à la menace.

En février, les autorités algériennes avaient déjà renforcé le dispositif militaire à la frontière avec la Libye pour prévenir l’infiltration de groupes armés, acheminant d’importants moyens humains et matériels sur place. La sécurité a également été renforcée autour des installations pétrolières et gazières, suivant l’attaque terroriste de janvier 2013 à In Amenas puis les tirs de roquettes sur un site gazier près de la ville d’In Salah le 18 mars.

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