Diplomatie

Burundi : Ban Ki-moon propose d’envoyer jusqu’à 3 000 policiers pour protéger la population

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le président burundais Pierre Nkurunziza, le 23 février 2016 à Bujumbura. © AP / SIPA

Dans un rapport de 11 pages transmis au Conseil de sécurité le 15 avril, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, propose une nouvelle mission de l'ONU au Burundi.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, propose dans son rapport trois options pour une nouvelle mission policière de l’ONU au Burundi, dont il a qualifié la situation de « précaire ». Transmis vendredi 15 avril au Conseil de sécurité, le document propose d’envoyer jusqu’à 3 000 hommes.

« La situation sécuritaire au Burundi demeure précaire, au point d’en être alarmante », s’est inquiété Ban Ki-moon, deux semaines après que le conseil a accepté d’envoyer une présence policière onusienne dans le pays, pour aider à mettre un terme à près d’un an de violences.

Déployer une force constitue, selon le secrétaire général des Nations unies « la seule option qui pourrait fournir une certaine protection physique à la population ». Il précise toutefois que la préparation de la mission pourrait prendre des mois et présenter des défis logistiques importants.

Réticence de Bujumbura

Une deuxième option serait d’envoyer 228 officiers de police onusiens pour travailler avec les responsables des droits de l’Homme et peut-être les observateurs de l’Union africaine (UA), qui pourraient lancer l’alerte mais ne protégeraient pas les civils.

Toujours selon Ban Ki-moon, le conseil pourrait aussi décider d’envoyer un groupe de 20 à 50 officiers qui évalueraient la police burundaise et « aideraient à la mise en place d’améliorations concrètes et mesurables du respect des droits de l’Homme et de l’état de droit ».

Selon des diplomates, l’envoi de 228 officiers de police semble la meilleure option, mais l’accord de Bujumbura pour une mission aussi importante est à ce stade incertain. Le gouvernement burundais a déclaré à l’ONU être prêt à accueillir une vingtaine d’experts policiers non armés, mais qu’il s’opposerait à une « grande » présence policière onusienne.

Dépasser l’échec de l’Union africaine

Les propositions du secrétaire général des Nations unies font suite à la résolution du conseil de sécurité de l’ONU début avril, préparée par la France, qui lui confiait le soin de dresser dans les quinze jours une liste des options envisageables pour un déploiement policier, en collaboration avec le gouvernement burundais et l’Union africaine.

Fin janvier, l’Union africaine avait renoncé à envoyer dans l’immédiat une force de maintien de la paix au Burundi face à la réticence de plusieurs chefs d’État africains et à l’opposition frontale de Bujumbura.

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