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La hausse de l’once, une occasion en or ?

Le cours du métal précieux semble se stabiliser autour des 1500 dollars. Et plusieurs sociétés spécialisées sur l'Afrique de l'Ouest pourraient en bénéficier à moyen terme. C'est peut-être le moment d'investir…

Dans un contexte économique incertain, l'or reste une valeur refuge. Dans un contexte économique incertain, l’or reste une valeur refuge. © AFP

Risques géopolitiques dans les pays arabes, crise des dettes publiques en Europe, faiblesse du dollar, remontée de l’inflation… Pour les économistes, la donne est claire : les facteurs favorables à un maintien de l’or autour des 1 500 dollars l’once (environ 1 057 euros), son plus haut niveau, sont de plus en plus nombreux. D’autant que les difficultés rencontrées par les États-Unis en matière de gestion de la dette poussent de plus en plus d’investisseurs à chercher une alternative au placement considéré jusqu’à aujourd’hui comme le plus sûr au monde : les bons du Trésor américain. Les investisseurs professionnels, eux, sont plus circonspects. Pimco, l’un des plus importants gestionnaires d’actifs au monde, affirme ainsi se méfier des matières premières comme l’or, dont le cours dépend « de taux d’intérêts réels toujours plus bas plutôt que d’une croissance mondiale en hausse ». Autrement dit, l’or valeur refuge laisserait peu à peu la place à l’or valeur spéculative prête à retomber…

Quelles que soient les anticipations des uns et des autres, la flambée des dernières années a permis à nombre de projets miniers de se développer sur le continent. Du coup, les majors sud-africaines comme AngloGold Ashanti, autrefois dominantes, laissent peu à peu la place sur le terrain à une multitude de compagnies minières spécialisées sur l’Afrique. De petite et moyenne tailles, elles ont éclos au cours des dernières années et se sont introduites sur des grandes Bourses internationales, en général Londres, Toronto et Sydney.

L’Afrique de l’Ouest, notamment, est devenue l’un de leurs terrains de jeux favoris, la région ayant explosé sur la scène aurifère. La zone représente désormais près de 8 % de la production mondiale, contre moins de 2 % en 1990. Au Ghana et au Mali, toujours leaders dans la région, viennent se greffer d’autres pays producteurs : le Burkina Faso, la Guinée, la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal. Selon le broker canadien BMO, spécialiste des groupes miniers, la production d’or en Afrique de l’Ouest devrait progresser de 65 % d’ici à 2015. Sans surprise, nombre d’entreprises minières cotées y ont l’essentiel de leurs activités : Randgold, Teranga Gold, Golden Star Resources, Cluff Gold, Semafo, Avocet Mining, IamGold Corporation…

Diversification

Randgold Resources est sans doute, à plus d’un titre, le symbole de cette explosion des mines africaines. Le groupe britannique « offre une croissance de la production sans équivalent parmi les producteurs de sa taille », souligne BMO. De surcroît, il a résisté à la tourmente en Côte d’Ivoire, où sa mine de Tongon a poursuivi son activité malgré le chaos politico-économique. Son chiffre d’affaires devrait doubler en 2011, pour dépasser le milliard de dollars, avec une rentabilité multipliée par quatre en un an. Sans compter, en ligne de mire, la mise en activité prévue en 2013 de la mégamine d’or de Kibali, en RD Congo

Avantages de Randgold : son statut de producteur de taille intermédiaire et sa relative diversification géographique – le groupe est actif dans cinq pays – offrent respectivement plus d’opportunités de croissance que les majors et moins de risques que les sociétés intervenant dans un seul pays. Parmi ces dernières, Avion Gold et Teranga Gold Corporation, qui a récupéré l’année dernière la mine de Sabodala auprès de Minerals Deposits, n’opèrent qu’au Sénégal ; et les revenus de Semafo sont très dépendants de sa mine de Mana, au Burkina Faso. Étant à des stades de production peu avancés, d’autres sociétés aurifères sont considérées comme des investissements très spéculatifs. C’est le cas par exemple de Cluff Gold, dont les revenus dépassent à peine les 100 millions de dollars – un niveau plutôt faible dans le secteur -, dans l’attente de la mise en activité de sa mine en Sierra Leone.

Mais investir dans une société aurifère lorsque l’or est élevé est-il toujours rentable ? À en croire l’évolution récente des cours de plusieurs de ces valeurs ouest-africaines, on serait tenté de penser le contraire. Randgold a perdu près de 18 % en un an, Semafo s’est effondré de 34 %. Pour Eugene King, analyste chez Goldman Sachs, il est clair que « les actions des sociétés aurifères sous-performent en général les mouvements du cours de l’or ». Le principal avantage, du coup, d’un maintien à un niveau élevé de l’or est de rendre viable des développements miniers qui, dans le cas contraire, seraient restés en suspens. Et, incidemment, d’étoffer et de diversifier le portefeuille minier des sociétés aurifères. Avec en ligne de mire la progression à moyen terme de leur chiffre d’affaires, de leur rentabilité et de leur cours boursier. En cinq ans, et malgré la baisse enregistrée sur la dernière année, le cours de Randgold a ainsi progressé de 262 %, tandis que celui de Semafo s’envolait de plus de 220 %. Des performances en or.

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