Économie

Le chinois Minmetals fond sur Equinox

Pour sécuriser les approvisionnements en cuivre de Pékin, le groupe lance une OPA hostile sur son rival australo-canadien. En jeu : le gisement zambien de Lumwana.

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Mis à jour le 13 avril 2011 à 14:12
Un paiement cash de 4,7 milliards d’euros. C’est le prix qu’est prêt à mettre le chinois Minmetals Resources pour réussir son raid hostile, lancé le 3 avril, sur l’australo-canadien Equinox Minerals. Si l’opération se concrétise, elle projettera Minmetals du 30e au 14e rang mondial des groupes spécialisés dans l’extraction des métaux de base.

Mais ce n’est pas ce grand bond en avant dans la hiérarchie minière qui motive le groupe chinois. Il s’agit plutôt de faire main basse sur la pépite d’Equinox : la mine de Lumwana, en Zambie, troisième plus gros gisement de cuivre d’Afrique, avec une production de 145 000 tonnes par an, qui doit être portée à 260 000 t par an d’ici à cinq ans. De plus, Equinox a prévu d’extraire 60 000 t de cuivre par an du gisement saoudien de Jabal Sayid à partir de 2012. Et plusieurs importants programmes d’exploration sont lancés par le groupe australo-canadien, tant en Zambie qu’en Arabie saoudite.

LES PRIX FLAMBENT

Coté à la Bourse de Hong Kong, mais contrôlé par la société d’État China Minmetals Corporation, Minmetals Resources doublera sa production de cuivre avec cette opération. Cette OPA illustre la volonté de Pékin, qui concentre 40 % de la demande mondiale de cuivre, de sécuriser ses approvisionnements en métal rouge, dont le prix a flambé de 120 % en deux ans. Et ce n’est pas fini. Selon la Deutsche Bank, la reconstruction du Japon, prévue à partir du deuxième semestre, devrait propulser le prix de la livre de cuivre de 4,61 dollars à 5,22 dollars en 2012. Reste que si le pari de Minmetals est judicieux, il n’est pas sûr d’aboutir. Selon les analystes, d’autres groupes miniers (Xstrata, Antofagasta ou Norilsk Nickel) pourraient surenchérir.