Banque

Le bénéfice net d’Ecobank chute de 73 % en 2015

Vue d'une agence d'Ecobank à Abidjan. © Olivier pour Jeune Afrique

Le bénéfice après impôts du groupe panafricain a chuté de trois quarts l'an dernier à 107,5 millions de dollars, en raison notamment de charges importantes passées au dernier trimestre 2015.

Le choc est brutal, en ligne avec l’avertissement sur résultats émis le 15 mars dernier.

Dans un communiqué publié ce jeudi, le groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated a annoncé un net recul de ses résultats en 2015.

Durant l’année écoulée, les revenus du groupe Ecobank ont atteint 2,1 milliards de dollars, contre 2,28 milliards de dollars en 2014, soit un recul de -8 % en un an. Son bénéfice après impôts a lui chuté de -73 % à 107,5 millions de dollars, contre 394,77 millions de dollars en 2014. Un résultat très décevant, qui est même inférieur aux 156 millions de dollars enregistrés en 2013, année particulièrement difficile pour le groupe panafricain, qui avait dû passer des charges importantes au Nigeria.

La contre-performance enregistrée en 2015 tient en partie aux effets de la chute du naira vis-à-vis du dollar américain (en nairas, les revenus d’Ecobank sont en hausse de +11 % tandis que son bénéfice après impôts ne recule « que » de -68 %).

Elle tient surtout à d’importantes dépréciation d’actifs enregistrées l’an dernier, plus particulièrement durant le dernier trimestre 2015. Elles ont atteint 532 millions de dollars contre 267 millions de dollars en 2014 et 376,7 millions de dollars en 2013.

Ces dépréciations ont lourdement affecté la performance d’Ecobank, dont le bénéfice d’exploitation hors dépréciations atteint 738,5 millions de dollars (-6 % sur un an) – mesuré en nairas, ce résultat est en hausse de +11 %.

Un contretemps momentané ?

Interrogé au sujet de ces provisions dans le dernier numéro de Jeune Afrique, Ade Ayeyemi, le directeur général du groupe Ecobank, avait expliqué : « Tout le monde devrait en faire autant dans l’environnement actuel, marqué par la chute des prix des matières premières et la dépréciation des actifs des entreprises. Durant les quatre premiers jours de cette année, le monde a perdu 4 milliards de dollars ! D’ailleurs, vous aurez noté que des banques internationales comme Standard Chartered connaissent elles aussi des difficultés. »

Dans son communiqué, Ecobank présente cette contre-performance comme un contretemps momentané et la conséquence des efforts entrepris pour apurer le portefeuille et les méthodes du groupe panafricain.

« Nos résultats 2015 sont décevants, reconnaît dans un communiqué Ade Ayeyemi. Nous avons réalisé un examen détaillé de notre portefeuille et de nos process qui ont conduit à d’importantes dépréciations passées au quatrième trimestre ».

Nigeria

« Cela est inacceptable pour nous et nous avons pris des mesures drastiques pour améliorer la qualité de nos actifs et de nos process », a insisté le dirigeant nigérian, sans indiquer plus en détails la nature et l’étendue de ces mesures.

D’après l’interview publiée dans Jeune Afrique, il semble toutefois que le Nigeria soit au coeur des difficultés : « En tant que banque, ce qui nous affecte avant tout au Nigeria, c’est l’impact de la faiblesse des prix du pétrole sur la qualité de notre portefeuille de prêts. Avec un baril à environ 30 dollars [26 euros] aujourd’hui [contre 100 dollars il y a deux ans], il faudra plus de temps pour rembourser ces prêts. Ce sont là des éléments que nous avons pris en compte », a-t-il expliqué, rappelant s’être séparé récemment de 40 % de l’équipe de direction d’Ecobank Nigeria, désormais pilotée par l’Ivoirien Charles Kié.

L’an dernier, la filiale nigériane du groupe panafricain, qui représente 39 % de ses actifs, a vu son bénéfice chuter de -74 % à 57 millions de dollars, tandis que le montant des dépréciations atteignait 290 millions de dollars (+64 %).

Résultats dans le reste de l’Afrique

Dans la zone UEMOA (30,2 des actifs d’Ecobank), le recul du bénéfice net est moindre (-26 % à 85 millions de dollars), mais la détérioration du portefeuille de prêts reste proportionnellement aussi importante : les dépréciations y ont atteint 77 millions de dollars en 2015, contre 45 millions de dollars en 2014.

Dans la zone Cemac (9,5 % des actifs), le bénéfice est resté stable (-4 % à 33 millions de dollars), malgré une hausse des dépréciations (+73 % à 23 millions de dollars), compensée notamment par une baisse des charges d’exploitation (-7 % à 119 millions de dollars).

En Afrique orientale (4,8 % des actifs), Ecobank a enregistré des résultats encore plus encourageants, marqués par une hausse des revenus (+26 % à 107 millions de dollars) et un bénéfice net qui a quasiment décuplé, passant de 0,8 million de dollars à 8,1 millions de dollars.

Ecobank Transnational Incorporated est présent dans 36 pays africains et compte près de 20 000 employés ainsi que plus de 1 200 agences et bureaux à travers le continent.

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