Mines

Sébastien de Montessus : « La Chine est assez agressive »

Le continent concentre les deux tiers des investissements miniers d'Areva, principalement dans l'uranium. Présent du Niger à la Namibie, le groupe nucléaire français voit pointer la concurrence de Pékin.

Sébastien de Montessus est directeur des activités minières d'Areva. Sébastien de Montessus est directeur des activités minières d’Areva. © Areva

Jeune Afrique : Les prix de l’uranium sur le marché sont-ils propices aux investissements ?

Sébastien de Montessus : Jusqu’en 2005, les prix flirtaient avec les 10 dollars la livre [454 g, NDLR], ce qui ne nous permettait pas d’investir. Aujourd’hui, malgré une demande mondiale qui augmente et des coûts d’extraction qui sont croissants, la livre n’est encore qu’à 40 dollars, ce qui nous a conduits à fermer certaines mines. Mais à moyen terme les prévisions tablent sur 60, voire 80 dollars. Cela nous permettrait de lancer des projets comme la mine d’Imouraren, près d’Arlit, au Niger, dont les coûts d’exploitation avoisineront les 40 dollars, pour un investissement de 1,2 milliard d’euros. Démarrage prévu fin 2013.

La concurrence chinoise ne bouscule-t-elle pas votre pré carré nigérien ?

La Chine est, certes, assez agressive, car elle a un énorme programme nucléaire et n’a pas, pour le moment, de ressources d’uranium disponibles chez elle. Elle cherche donc à sécuriser ses approvisionnements. Mais pour l’instant, Pékin exploite la petite mine d’Azelik, alors que nous avons remporté la compétition sur la mine d’Imouraren, l’une des plus grosses au monde avec 200 000 t de ressources et réserves prouvées.

La réforme de Wall Street, qui oblige les industries extractives à être plus transparentes, peut-elle être un frein dans vos futures négociations ?

La transparence n’est pas un fait nouveau chez Areva, puisque le groupe est adhérent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie). Et nous incitons les pays avec lesquels nous travaillons à y adhérer. D’ailleurs, la République centrafricaine la rejoindra peut-être bientôt. Rappelons que, lors du voyage au Niger du président français Nicolas Sarkozy [le 26 mars, NDLR], nous lui avons remis un rapport qui récapitule ce qu’Areva a versé à Niamey ces cinq dernières années [de 20 à 30 millions d’euros par an au titre des taxes, impôts et royalties, NDLR]. Reste que les procédures d’attribution des permis d’exploration ne sont pas abordées par l’Itie. Nous suivons donc les procédures légales de chaque pays. 

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