Droits de l’homme

Burundi : des intellectuels du monde entier dénoncent « une pensée unique qui s’installe »

La police surveille la foule rassemblée pour les funérailles de Ndere Yimana, un opposant, assassiné la veille, le 22 juillet 2015, à Bujumbura, au Burundi. © Jerome Delay/AP/SIPA

Une soixantaine d'intellectuels du monde entier ont dénoncé mercredi dans une lettre ouverte la "chape de plomb" qui s'est abattue sur le Burundi et sur sa liberté de pensée.

Intitulée « Que reste-t-il de la liberté de pensée au Burundi ? », cette lettre ouverte est signée, mercredi 13 avril dans le journal Iwacu, par 61 « chercheurs et enseignants » en lien avec le Burundi et en provenance de prestigieuses universités africaines, américaines ou européennes. « À l’Université du Burundi, qui pourrait être un rempart face à la résurgence de la violence et des manipulations idéologiques (…), la peur a réduit à néant l’espace de débat et d’analyse », dénonce la tribune.

Les collègues burundais « qui marquent ouvertement leur désaccord » avec l’une ou l’autre partie « sont intimidés et parfois disparaissent », alors que ceux qui « ont fui le pays craignent que la moindre déclaration critique ne mette en danger leurs proches restés au Burundi », s’insurgent les signataires, constatant qu' »une chape de plomb s’est abattue sur le pays ».

« Une pensée unique qui s’installe »

Les signataires « exhortent » le gouvernement burundais à garantir « un espace de débat et de réflexion » et appellent la communauté internationale à « se mobiliser pour défendre (…) la liberté de pensée et d’expression » au Burundi. Pour eux, le Burundi « présenté depuis plus de 10 ans comme un modèle de consolidation de la paix, et de la liberté d’opinion et d’expression », est devenu « en l’espace de quelques mois (…) un pays où les gens se taisent de peur de devenir la cible de violences à cause de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils pensent ».

Un pays où les gens se taisent

Ils « condamnent » donc « une pensée unique qui s’installe, refusant le débat et la contradiction, et qui manifeste ce refus avec la plus grande violence ». « Le Burundi a plus que jamais besoin de citoyens critiques et de décideurs capables de s’appuyer sur une analyse nuancée de la situation », estiment-ils, alors que les principales radios indépendantes ont été détruites et qu’une centaine de journalistes, la société civile et la quasi-totalité des leaders d’opposition ont fui en exil.

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