Société

RD Congo : les oubliés de l’amnistie se tournent vers le facilitateur Edem Kodjo

Mis à jour le 13 avril 2016 à 17:25

Edem Kodjo, facilitateur du dialogue politique en RD Congo. © Camille Millerand/J.A.

Au nom des oubliés de la loi de l’amnistie de 2014 et des autres détenus politiques, Me Firmin Yangambi, lui-même prisonnier à Makala, a demandé mardi à Edem Kodjo, facilitateur du dialogue politique en RD Congo, de « faciliter [leur] libération sans condition ».

Pour Me Firmin Yangambi, condamné à 20 ans de prison pour « détention illégale d’armes de guerre », « la libération sans condition » de tous les détenus et prisonniers politiques constitue un « préalable à tout dialogue » politique en RD Congo, « en guise de bonne foi » des autorités congolaises.

Profitant du séjour à Kinshasa d’Edem Kodjo, facilitateur désigné par l’Union africaine (UA) pour les pourparlers intercongolais à venir, ce défenseur des droits de l’homme, président de l’ONG « Paix sur terre » et détenu depuis 2009, a adressé, mardi 12 avril, une lettre ouverte à l’ancien Premier ministre togolais au nom de tous oubliés de la loi de l’amnistie de 2014 et des autres détenus politiques.

Edem Kodjo interpellé sur la protection des droits humains

Le dialogue doit régler la question des prisonniers politiques

« Que le dialogue que vous avez la responsabilité de faciliter ne règle pas la question des prisonniers politiques et autres détenus déshumanisés pendant plus ou moins deux décennies est inacceptable », écrit-il à Edem Kodjo, l’interpellant sur sa mission de médiation en RD Congo qui, selon lui, « outre les questions liées à une crise politique annoncée et entretenue, comprend également la question de la protection et de la promotion des droits humains ».

Dans son courrier, l’auteur rappelle également au facilitateur de l’UA les catégories des personnes qui attendent une attention particulière de sa part.

Il s’agit des « Congolais condamnés entre 1997 et 2003 (…) par une cour d’ordre militaire », les oubliés de la loi de l’amnistie du 14 février 2014 – dont certains bénéficiaires « croupissent toujours en prison plus de deux ans après l’entrée en vigueur de la loi, notamment une trentaine dans la prison centrale de Makala à Kinshasa », relève-t-il -, mais aussi des « activistes des droits humains, des acteurs des mouvements citoyens et des opposants qui ont juste usé de leurs droits politiques et des leurs libertés publiques ».

C’est le cas entre autres de tous les jeunes citoyens de Filimbi et de la Lucha, détenus à Goma et à Kinshasa, pour avoir appelé au respect des dispositions constitutionnelles qui limitent à deux les mandats du président Joseph Kabila.