Économie

Après le Botswana, De Beers ferme la RD Congo

Confrontée à la chute de ses revenus, le numéro un mondial du diamant a annoncé l’arrêt de son activité d’exploration en RD Congo.

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Mis à jour le 15 avril 2009 à 16:42

De Beers considère que 2009 sera la « plus mauvaise année de l’histoire du diamant », marché dont il est numéro un mondial. Le conglomérat minier s’attend à un chiffre d’affaires divisé par deux. Détenu à 45 % par Anglo American, à 40 % par la famille Oppenheimer et à 15 % par le gouvernement du Botswana, le groupe n’est pas coté et ne communique pas le détail de ses comptes. Il annonce avoir réduit de 40 % sa production par rapport à l’année précédente. « Nous pensons dégager un bénéfice en 2009 même si le chiffre d’affaires chute de 50 %, a indiqué Stuart Brown, son directeur financier, au Financial Times. Comme nous avons anticipé très tôt la situation, nous sommes en mesure de survivre en 2009 et 2010 sans besoin de recapitaliser. »

En d’autres termes, De Beers se donne les moyens d’échapper à une ouverture du capital et de continuer à dominer largement le secteur, dont il a détenu le monopole pendant des décennies. À la faveur de cette situation, le groupe avait mis en place un système marchand, toujours en vigueur aujourd’hui, que la crise financière a doublement frappé : la forte baisse du marché du luxe a été amplifiée par l’assèchement du crédit, alors que la très grande majorité des tailleurs de diamants s’endettent pour acheter les pierres qu’ils vont traiter. Résultat, la demande mondiale de diamants bruts a chuté de 50 % entre septembre et octobre 2008 et elle devrait baisser encore de 15 % d’ici à octobre 2009.

Après le Botswana, où Debswana, coentreprise créée par De Beers et l’État botswanais, a pratiquement gelé la production de ses quatre mines (voir J.A. 2515), la RD Congo est touchée par les décisions de De Beers. Celui-ci a annoncé le 3 avril l’arrêt de l’exploration diamantifère dans ce pays. Une semaine auparavant, le groupe sud-africain avait déjà fermé son siège congolais, situé à une trentaine de kilomètres de Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï oriental (centre de la RD Congo), mettant plus de 300 personnes au chômage, au motif que ses découvertes de diamants dans la province se sont révélées « non viables économiquement ».