Droits de l’homme

Maroc : les deux Femen arrêtées en marge du procès d’un homosexuel à Béni Mellal vont être expulsées

Au Maroc, même quand on se cache pour s'aimer, on n'est pas à l'abri des attaques.

Au Maroc, même quand on se cache pour s'aimer, on n'est pas à l'abri des attaques. © Alik Keplicz/AP/SIPA

Les Femen récidivent au Maroc. Ce lundi, en marge du procès du Marocain jugé pour homosexualité à Béni Mellal, deux activistes françaises ont été arrêtées par la police et placées en garde à vue. Les autorités ont décidé de les expulser du Maroc.

Deux activistes des Femen ont été interpellées en face du tribunal d’instance de Béni Mellal, dans le centre du Maroc, ce lundi 11 avril alors qu’elles voulaient protester contre le procès d’un Marocain, victime d’une agression homophobe, pour « actes sexuels contre nature » .

Selon des sources locales, les deux activistes, qui demandaient l’abrogation de l’article 489 du Code pénal punissant l’homosexualité, ont eu à peine le temps d’enlever leurs hauts qu’elles ont été encerclées par la population qui voulait les obliger à se couvrir. Elles ont été ensuite embarquées par la police. 

Placées en garde à vue

Contacté par Jeune Afrique, la leader des Femen, Inna Shevchenko, confirme l’arrestation de Gala, 27 ans, et de Lola, 25, deux activistes de nationalité française. « Elles sont actuellement en garde à vue au commissariat de Béni Mellal. Notre avocat essaie de prendre contact avec l’ambassade de France au Maroc », affirme-t-elle.

L’interpellation des deux Femen a eu lieu alors qu’une centaine d’habitants de la ville de Béni Mellal s’était rassemblée devant le tribunal demandant la punition de la deuxième victime homosexuelle qui doit être jugée lundi – la première a déjà été condamnée à 4 mois de prison ferme – et la libération de ses agresseurs. « Loi inhumaine, morale inhumaine. La haine n’est pas une valeur familiale », ont scandé les deux Femen avant d’être embarquées par la police. 

Les autorités ont ensuite décidé de les expulser du Maroc pour tentative de mener des actes portant atteinte aux bonnes moeurs et à la morale publique, selon un communiqué de la préfecture de Beni Mellal-Khénifra reproduit par l’agence officielle MAP.

Femen au Maroc : Act II

C’est la deuxième fois que les Femen protestent au Maroc contre la pénalisation de l’homosexualité. En juin 2015, deux activistes françaises ont posé seins nus devant la Tour Hassan, un minaret historique de Rabat, dénonçant la condamnation, fin mai 2015, de trois homosexuels marocains. Elles ont été arrêtées par la police puis expulsées du Maroc.

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