Politique économique

Afrique subsaharienne : la Banque mondiale ne prévoit pas de rebond de la croissance avant 2017-2018

Vue de la gare routière de Conakry en Guinée, le 10 décembre 2012. La Banque mondiale plaide pour des villes africaines 'abordables, connectées, où il fait bon vivre et qui concentrent l’activité économique'. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Dans sa nouvelle édition du rapport semestrielle Africa's Pulse, la Banque mondiale prévoit une croissance de +3,3 % en Afrique subsaharienne en 2016, contre +3 % en 2015. La région ne devrait pas retrouver le rythme atteint en 2014 (+4,5 % annuels) qu'à partir de 2017-2018, selon ce rapport.

En Afrique subsaharienne, « les prévisions de croissance pour 2016 restent moroses », note avec dépit la Banque mondiale dans la dernière édition d’Africa’s Pulse, son rapport semestriel sur la conjoncture et les perspectives économiques de la sous-région.

En dessous du dynamisme que la région a affiché de 2003 à 2008

Selon cette nouvelle édition, rendue publique ce lundi, la croissance économique ne devrait être que de +3,3 % cette année en Afrique subsaharienne, un très léger mieux par rapport aux +3 % enregistrés en 2015, mais loin des +4,5 % réalisés en 2014. La sous-région reste « bien en dessous du fort dynamisme que la région a affiché de 2003 à 2008 avec un taux de +6,8 % », souligne l’institution internationale.

La précédente édition d’Africa’s Pulse, publiée en octobre 2015, tablait encore sur une croissance de +3,7 % en 2015, +4,4 % en 2016 et +4,8 % en 2017.

La révision à la baisse des performances de 2015 et des prévisions pour les prochaines années est une conséquence de l’impact de « l’effondrement des cours des matières premières » (hydrocarbures et métaux notamment) et de « l’atonie de l’économie mondiale surtout du côté des marchés émergents », estime l’institution de Bretton Woods.

Le taux de croissance mondiale est attendu à +2,5 % en 2016, estime la Banque mondiale, contre +2,4 % en 2015.

De son côté, le recul des cours des matières premières a « fortement dégradé les termes de l’échange des pays exportateurs », dont le pouvoir d’achat sur les marchés internationaux est estimé à -16 % en 2016 selon l’institution internationale. Cette dégradation devrait entraîner « un ralentissement économique dans toute la région de l’ordre de -0,5 % par rapport aux projections [et] déséquilibrer la balance courante et le solde budgétaire de respectivement 4 et 2 points de pourcentage par rapport aux projections initiales ».

Facteurs internes

Dans son rapport, la Banque mondiale note toutefois que des « évolutions domestiques défavorables […] sont venues aggraver les conséquences négatives de la baisse des prix des matières premières », parmi lesquelles : les pénuries d’électricité (Nigeria, Afrique du Sud), la sécheresse (Afrique australe), l’incertitude politique et des menaces pour la sécurité nationale (Cameroun, Tchad, Nigeria)….

L’institution internationale note, en revanche, que « l’embellie économique s’est poursuivie dans d’autres pays qui affichent toujours une croissance robuste », à l’instar du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie ou encore de la Côte d’Ivoire, « qui a bénéficié d’un contexte économique favorable et d’une augmentation des investissements ».

Pour Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, si les pays subsahariens « sont en train de s’adapter à une conjoncture mondiale économique plus difficile […], les gouvernements devront redoubler d’efforts pour mobiliser davantage leurs ressources nationales », rapporte un communiqué publié ce lundi.

Mettre en valeur le potentiel des villes africaines

Parmi les pistes évoquées par la Banque mondiale figure la mise en valeur du « potentiel économique de l’urbanisation et des villes africaines ».

L’institution de Bretton Woods déplore ainsi qu’en Afrique subsaharienne les prix de l’immobilier soient disproportionnés par rapport aux niveaux de revenus. Ils sont de 55 % supérieurs aux prix constatés dans les pays à niveau de développement similaire, tandis que les transports urbains (véhicules et services) sont 42 % plus chers.

Des villes africaines « abordables, connectées, où il fait bon vivre et qui concentrent l’activité économique » contribueraient énormément à la croissance et au développement social de la sous-région, insiste la Banque mondiale dans son rapport.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte