Elections

Dialogue en RDC : le Front citoyen boude (toujours) Kabila, Tshisekedi pose un ultimatum

Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi, deux leaders de l'opposition congolaise. © Gwenn Dubourthoumieu/J.A.

L'opposant Étienne Tshisekedi a pris acte dimanche soir de la désignation d'Edem Kodjo comme facilitateur du dialogue politique en RD Congo, tout en exigeant des garanties sur le respect de la Constitution d'ici le 24 avril. Mais le front anti-Kabila maintient, lui, son refus de prendre part à ces pourparlers.

Est-ce un pas vers sa participation au dialogue politique en RD Congo ? Il est trop tôt pour le dire tant le personnage demeure imprévisible. Courtisé par le camp Kabila mais aussi par le Front citoyen 2016 – plateforme regroupant divers partis politiques et associations de la société civile opposés au prolongement du mandat du président congolais sortant -, l’opposant historique Étienne Tshisekedi a « pris acte », dimanche 10 avril au soir, de la nomination d’Edem Kodjo comme facilitateur des pourparlers convoqués depuis fin novembre par Joseph Kabila.

« Je reste fidèle à ma vision quant à la nécessité d’utiliser le dialogue comme la voie royale pour sortir le processus électoral de l’impasse dans laquelle le pouvoir de Kinshasa l’a plongé », a expliqué le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dans un communiqué consulté par Jeune Afrique.

Mais Étienne Thisekedi ne donne pas pour autant un blanc-seing à la médiation mise en place par l’Union africaine (UA). Il dit avoir dépêché ses représentants pour rencontrer le facilitateur Edem Kodjo « afin de s’assurer de la concordance de vues entre les missions qui lui sont assignées et la feuille de route » qu’il a rendue publique « il y a plus d’un an ».

Le nouvel ultimatum d’Étienne Tshisekedi

Le candidat malheureux à la présidentielle de 2011 voudrait que le dialogue politique « [conduise] effectivement le peuple congolais à des élections, notamment à la présidentielle, conformes à la Constitution et aux délais qu’elle prescrit [avant fin 2016, NDLR] ».

« Si d’ici le 24 avril, il n’y a rien de convainquant, je compte demander à mon parti, aux forces de changement et à l’ensemble du peuple (…) de tirer toutes les conséquences de la persistance de l’impasse, dont on sait qu’elle a été artificiellement créée autant qu’entretenue par le pouvoir (…) », a-t-il menacé.

Pourquoi le Front citoyen boude le dialogue

Affirmant partager le même objectif qu’Étienne Tshisekedi – obtenir la tenue de la présidentielle dans les délais constitutionnels -, Floribert Anzuluni, coordonnateur du Front citoyen 2016, a reconnu une « différence de stratégie » avec l’opposant historique.

Alors que le facilitateur Edem Kodjo s’apprête à essayer de relancer un très fragile processus de dialogue, l’opposition maintient son refus catégorique de participer à ces assises.

Nous ne participerons pas à ce dialogue made in Kabila.

Les regroupements de l’opposition anti-Kabila, que sont notamment la Dynamique et le G7, estiment qu’ils n’ont pas été concertés au préalable sur la composition du « comité préparatoire » de ces éventuels pourparlers. Celui-ci comprendrait, selon nos informations, des représentants de la majorité, de l’opposition (avec Bruno Mavungu, secrétaire général de l’UDPS) et de la société civile (Cathy Kalenga, réputée très proche du parti au pouvoir dont elle fut une militante).

« Nous ne participerons pas à ce dialogue made in Kabila », a martelé un proche de Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-Katanga, désigné candidat du G7 à la présidentielle dont la date est désormais très hypothétique (elle est prévue le 27 novembre en RD Congo).

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