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Nord du Mali : comment Bamako et les groupes armés comptent installer les autorités intérimaires

Casques bleus effectuant une patrouille aux environs de Tombouctou, dans le nord du Mali, en juillet 2013. © Rebecca Blackwell / AP / SIPA

Outre le cantonnement des ex-rebelles, la mise en place d'autorités intérimaires dans les collectivités territoriales est une étape fondamentale de la normalisation du Nord du Mali.

Le 31 mars, l’Assemblée nationale a adopté la loi instituant des autorités intérimaires dans les collectivités territoriales du nord du Mali. Une disposition prévue dans l’Accord de paix et qui doit être effective pendant 18 mois, période de l’application de l’accord de paix du 20 juin 2015.

Les trois parties signataires de l’accord s’activent, en particulier dans les deux nouvelles régions administratives du Mali, où les gouverneurs ont été nommés le 16 janvier dernier et ont déjà prêté serment. Celui de Ménaka, le 7 avril dernier à Gao, car sa région ne dispose pas d’un palais de justice pouvant abriter la cérémonie ; et celui de Taoudeni, le 31 mars derniers à Tombouctou, pour les mêmes raisons.

« Je vais aussitôt acheminer mon bureau à Ménaka et commencer à travailler, explique Daouda Maïga. Je vais écouter les populations et si elles veulent que l’État augmente le nombre de communes, par exemple, je vais m’assurer que cela n’ait pas d’impact sur la paix entre les communautés puis je remonterai les doléances à Bamako ». Quant à Abdoulaye Alkadi, gouverneur de Taoudeni, il compte installer son bureau à Tombouctou pour l’instant.

Rencontres avec les communautés

Parallèlement, Bamako et les groupes armés du nord peaufinent le plan d’installation des autorités intérimaires. Au mois de mars dernier, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rebelles) et la Plate-forme (pro-gouvernementale) ont organisé chacun de leur coté des rencontres avec les communautés de base, à Agouni, pour la première et à Nebkite El Ilik pour la seconde.

Si dans une commune de Taoudeni, le maire est de la CMA, son premier adjoint doit être issu de la Plate-forme…

« Nous avons procédé à l’habillage, c’est-à-dire la définition des tribus se trouvant dans les différents cercles et arrondissement de la région », explique Sidi Brahim Ould Sidatti, représentant de la CMA. À Bamako, la Plate-forme travaille avec la CMA sur un document fixant les modalités de nomination des autorités intérimaires des collectivités décentralisées. « Nous voulons une loi pour ériger les six cercles et 30 arrondissements de la région de Taoudeni en 37 collectivités décentralisées, c’est-à-dire 6 cercles, 30 communes et un Conseil régional », explique Ould Sidatti. Qui ajoute : « Et pour la période de l’application de l’accord, les maires, les présidents des conseils des cercles et du Conseil régional seront nommés parmi les leaders communautaires et les chefs de tribus ».

Volonté commune d’appliquer l’accord

La Plate-forme propose que « dans chaque localité, le pouvoir soit partagé avec la CMA. Par exemple, si dans une commune de Taoudeni, le maire est de la CMA, son premier adjoint doit être issu de la Plate-forme et de même pour tous les autres postes des collectivités décentralisées », confie un leader communautaire qui est au cœur des discussions. Une chose est sûre, Bamako et les mouvements armés veulent appliquer l’accord de paix, même si certaines interprétations du texte divergent, ce qui demande un peu plus de temps pour trouver un compromis entre les parties prenantes de l’accord.

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