Banque

RDC : exercice de pédagogie de la primature sur les mesures prises pour stabiliser le franc

Augustin Matata Ponyo est le premier ministre de la République démocratique du Congo.

Augustin Matata Ponyo est le premier ministre de la République démocratique du Congo. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Alors que la quatrième banque du pays, la Biac, devait être renflouée après la « brutale suspension » d’un financement que lui octroyait la Banque Centrale du Congo (BCC), la primature de la République démocratique du Congo (RDC) se livre à un exercice de pédagogie sur les mesures prises pour maintenir la stabilité monétaire dans le pays. "Une mise au point" parvenue à "Jeune Afrique" jeudi.

Les déboires actuels de la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac) s’inscrivent dans un contexte économique et monétaire tendu pour la RDC. Le pays est fortement pénalisé par le recul des prix des matières premières qui provoque des déséquilibres monétaires, ont indiqué les services de la primature dans « Une mise au point sur le dossier de la Biac » parvenue à Jeune  Afrique le jeudi 7 avril.

Ainsi, écrit la primature dans cette déclaration, le cours parallèle de la monnaie nationale a diminué de -2,4% entre fin novembre 2015 et fin février 2016, en passant de 931,75 à 955 francs congolais pour un dollar, alors que la baisse avait été limitée à -0,008% sur les cinq années précédentes, depuis fin 2010.

En cause, poursuit ce texte, la chute des cours des matières premières qui a entraîné une baisse des recettes d’exportation, et conséquemment un tarissement des devises.

« Cette cause est exogène et s’impose aux économies en développement faiblement industrialisées à l’instar de la RDC et de tant d’autres », explique la primature.

 

Risque d’emballement

Pour limiter les impacts de cette conjoncture, la primature rapporte que le chef de l’État congolais a demandé au Premier ministre Augustin Matata Ponyo de prendre toutes mesures à même de limiter les risques d’inflation et de baisse de pouvoir d’achat, et ce de concert avec la Banque Centrale du Congo (BCC).

Au menu, outre le retour du dollar dans le secteur extractif, la réduction du déficit public qui « a atteint 162,7 milliards de francs congolais (environ 151,4 millions d’euros) en décembre dernier, contre un excédent de 141,7 milliards de francs congolais au cours des onze premiers mois de l’année ».

 

Limiter le refinancement des banques commerciales

Le second levier évoqué consiste à réduire le refinancement accordé par la BCC aux banques commerciales. Celui-ci avait augmenté de 26,8 à 66,9 milliards de francs congolais entre fin novembre et fin février, avant d’être ramené à 49,3 milliards à fin février.

Selon la primature, ce sont les problèmes de liquidité de la Biac qui ont provoqué l’envolée de ces montants. Par conséquent, il a été décidé de réduire le refinancement accordé à la Biac de 44 milliards à 20 milliards à fin février, puis à 15 et finalement à 5 milliards de francs congolais à fin mars 2016.

Ce qui explique la « tension passagère de liquidité » concédée par la banque, qui devait être soulagée par une enveloppe de 40 à 50 millions de dollars annoncée par l’État pour renflouer la banque dont les 150 agences étaient fermées début avril.

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