Économie

Afrique : la nouvelle vie des riches

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Changement d’époque pour les grandes fortunes du continent. Leurs comptes en banque ne sont pas affectés par la crise, mais le vent de la contestation les pousse à un peu plus de discrétion.

Ils suscitent admiration ou jalousie et sont l’objet de nombreux fantasmes. En Afrique, terre de contrastes par excellence, balayée depuis le début de l’année par un vent de contestation autant sociale que politique, les riches s’adaptent à un contexte nouveau, parfois tendu, et cultivent de plus en plus la discrétion. Surtout ceux qu’on pourrait soupçonner d’être des affidés des pouvoirs en place et d’avoir construit leur fortune sur le dos des petites gens, qui, eux, tirent toujours le diable par la queue.

Les riches n’ont jamais été de grands adeptes de la transparence, à de rares exceptions près, dont ces capitaines d’industrie qui se sont imposés dans des secteurs comme les télécommunications, les mines, la banque, l’immobilier, la construction, l’automobile ou l’énergie. Leurs entreprises ont pignon sur rue, certaines sont cotées en Bourse, et leurs comptes rendus publics. Ainsi, entre autres, des 14 milliardaires recensés sur le continent (classement Forbes), tous égyptiens, nigérians ou sud-africains. Dangote, Motsepe, Oppenheimer, les frères Mansour ou Sawiris : ils font rêver leurs compatriotes qui s’imaginent hâtivement des destins similaires ou entretiennent l’illusion d’une rencontre avec eux qui les propulserait au firmament. Les autres, l’écrasante majorité de nos amis millionnaires (100 000 selon une étude de Capgemini et Merrill Lynch), nagent en eaux plus troubles.

Les rois de l’informel

Si on laisse toujours de côté les « vrais » patrons, millionnaires certifiés grâce à leurs actifs plus facilement identifiables (participations, biens immobiliers, etc.), il reste toute une tribu aussi secrète que des francs-maçons mutiques : les rois de l’informel. Ils sont les hommes de toutes les affaires, commerçants ou trafiquants – la frontière est des plus floues -, vivent de juteuses commissions, ont acquis grâce à leur entregent des terrains pour une bouchée de pain, prodiguent de très onéreux « conseils » ou ont mis la main sur certains marchés exclusifs, la plupart du temps dans l’import-export et en payant des frais de douanes très minorés…

La plupart de ces fortunes échappent donc, en totalité ou en partie, aux écrans radars. On devine, on imagine. On se fonde sur le train de vie, le plus souvent, et on se trompe fréquemment. Être riche à Conakry ne requiert certes pas les mêmes montants sur son compte en banque que l’être à Los Angeles. Mais ce n’est pas non plus parce que l’on a un beau 4×4, un costume de sapeur et que l’on flambe en boîtes de nuit auprès de demoiselles subitement enamourées que l’on fait partie du club le plus sélect d’Afrique. Pas facile d’enquêter sur nos nantis, leurs habitudes, leurs lubies et leurs lieux favoris. Surtout depuis le début de cette année 2011… 

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