Bourse

Bourse de Casablanca : 12 sociétés étrennent l’accélérateur de croissance pour PME « made in London »

Lancement d'ELITE au Maroc le 5 avril 2016. Ici, Mamoun Bouhadhoud, ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'investissement et de l'Économie numérique

Lancement d'ELITE au Maroc le 5 avril 2016. Ici, Mamoun Bouhadhoud, ministre délégué auprès du ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'investissement et de l'Économie numérique © DR

ELITE, le programme de formation et d'accès à des sources de financement pour les PME européennes mis en œuvre par le britannique London Stock Exchange Group, a été lancé mardi soir à Casablanca. Il est issu du rapprochement entre les bourses marocaine et londonienne.

Après quatre années d’existence, ELITE, le programme d’accompagnement des entreprises du London Stock Exchange Group (LSEG) arrive au Maroc. Les premières formations à destination des entreprises dites « à forte croissance » — concrètement des PME dont le chiffre d’affaires est compris entre 10 et 50 millions d’euros environ — débuteront à la fin de cette semaine.

L’accord de collaboration que la Bourse de Casablanca (CSE – Casablanca Stock Exchange) et le LSEG avaient signé le 30 juillet 2015 a pris forme mardi 5 avril au soir. La liste des 12 premières sociétés marocaines qui y ont souscrit a été rendue publique.

Il s’agit, selon une liste des sociétés communiquées à Jeune Afrique par CSE et LSEG : du producteur et distributeur de solutions IT pour le secteur de la santé, Medasys ; du fabricant de matériel électrique, Energy Transfo ; du spécialiste des offres d’offshoring et de centres d’appels, Outsourcia ; du confiseur Maghreb Industries ; du producteur d’emballages métalliques, Mutronic ; du revendeur de matériel informatique, Disty ; du distributeur de meubles en kit, Kitea ; du vendeur de matériels de cuisine et ménagers, Lamacom ; du distributeur de produits de grande consommation, Damandis ; du distributeur de produits et services télécoms, Iwaco ; du négociant en bois, Manorbois ; et la menuiserie industrielle, 10 Rajeb.

12 premières sociétés participantes à Casablanca

Chacune de ces 12 premières sociétés participantes enverra un membre de sa direction (directeur général, directeur financier…) suivre une version marocaine du programme d’accompagnement tel qu’il a été développé par LSEG depuis quatre ans.

18 à 24 mois au prix de 110 000 dirhams

ELITE s’étale sur 18 à 24 mois au prix de 110 000 dirhams environ correspondant aux 10 000 euros et aux 15 000 livres qu’il coûte à Paris ou à Londres. Le programme reposent sur deux volets principaux : celui de la formation (6 fois deux jours dans le cas du Maroc), notamment en partenariat avec l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (Iscae) de Casablanca, puis celui de la recherche de nouvelles sources de financement qui répondent au mieux aux besoins des sociétés, entre capitaux privés, capital-risque ou marchés.

« Souvent les sociétés ne sont, d’une part, pas suffisamment structurées et d’autre part, n’ont pas connaissance d’autres sources de financement que les banques. De plus, les conditions d’accès au capital-investissement, souvent très coûteuses, prêtent au débat », indique Luca Peyrano, le directeur d’ELITE chez LSEG au jour du lancement marocain.

Extension internationale

Cette première implantation africaine pour un programme jusque-là défini comme « paneuropéen » veut désormais s’étendre. Ailleurs en Afrique, « des discussions sont en cours » laisse entendre le directeur qui martèle le bien-fondé du programme, chiffres à l’appui. Sur les 350 sociétés dans 21 pays qui ont pris part au programme depuis ses débuts, « 70 fusions-acquisitions et 18 opérations de private-equity ont eu lieu, 15 introductions en bourse sont en cours et 4 autres ont été conclues, tandis que 15 émissions obligations obligataires ont été effectuées », énumère Luca Peyrano.

Livrer les clés de leur modèle économique en toute quiétude

Au Maroc, l’enjeu du programme sera le même. « Souvent les PME marocaines ont l’ambition mais ne savent pas comment se développer davantage. Le problème est souvent celui du financement. Nous avons choisi les premiers participants de manière à ce qu’ils viennent de secteurs différents et puissent livrer les clés de leur modèle économique en toute quiétude », dit Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca.

Cependant, parmi les participants à cette première session, les sociétés qui souhaiteront entrée à la bourse de Casablanca devront encore attendre pour le compartiment réservé aux petites et moyennes entreprises, annoncé fin 2014. Celui-ci est encore conditionné au vote du projet de loi relatif à la bourse. « Nous espérons en 2016 », indique Karim Hajji.

Dans la continuité de l’accord de juin 2014

Ce nouveau rapprochement entre Londres et Casablanca intervient après l’accord stratégique conclu entre LSEG et CSE en juin 2014.

Établie en 1929, CSE cotait 74 sociétés et comptait une capitalisation boursière de 484,4 milliards de dirhams fin 2014.

LSEG, vieille dame de la finance internationale dont les débuts sont datés de 1698, opère sur des marchés d’actions, d’obligations et de produits dérivés internationaux à la Bourse de Londres, à la Bourse italienne, sur MTS — le marché londonien des obligations —, sur AIM — le marché londonien dédié aux PME —, ou encore sur Turquoise — le marché lancé en 2008 à Londres par un groupe de banques.

LSEG compte 4 700 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 2,38 milliards de livres en 2015, en progression de 72% sur un an. Son résultat opérationnel a atteint 499,9 millions de livres en hausse de 44,5%.

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