Société

Décès du poète tunisien Sghaïer Ouled Ahmed

Le poète tunisien Sghaïer Ouled Ahmed, fondateur de la Maison de la poésie à Tunis. © Wikimedia Commons / M.Rais

Le poète tunisien Mohamed Sghaïer Ouled Ahmed est décédé mardi à l’hôpital militaire de Tunis, après un long combat contre le cancer.

La triste nouvelle a été confirmée mardi 5 avril par son fils, Nadhem Ouled Ahmed, contacté par Jeune Afrique. Atteint d’un cancer depuis plus d’un an, le poète avait fêté son 61e anniversaire la veille, à l’hôpital, entouré de ses proches. Les funérailles auront lieu le 6 avril, en fin d’après-midi.

Père de la Maison de la poésie

Né en 1955 à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne, Sghaïer Ouled Ahmed obtint le diplôme d’animateur culturel avant de suivre des études de psychologie en France. C’est là que commencera à germer l’idée d’un établissement totalement dédié à la poésie en Tunisie.

Attaché culturel au ministère de la Culture tunisien de 1993 à 1997, son rêve se réalisa en octobre 1993 avec l’inauguration de la Maison de la poésie au cœur de Tunis, dont il sera le directeur. Objectif : diffuser la culture poétique et ses spécificités tunisiennes et rendre cette forme d’art plus accessible au grand public.

Poète engagé

Poète, mais aussi militant. Car à travers les mots, Sghaïer Ouled Ahmed s’est fait le porte-parole d’une génération oppressée, éprise d’un vent de liberté et d’un esprit de révolte. Opposant sous les régimes de Habib Bourguiba puis de Zine el-Abidine Ben Ali, il publia son premier recueil de poésie en 1984, lequel fut interdit de diffusion et censuré pendant 4 ans. En 1993, il refusa l’Ordre national du mérite culturel décerné par le président déchu.

Engagé également contre toute forme d’intégrisme, le poète s’est aussi élevé contre le mouvement islamiste et le parti (Ennahdha), arrivé au pouvoir en Tunisie après la révolution de 2011.

Sa poésie « a toujours été dictée par [son] amour démesuré pour la Tunisie », a-t-il expliqué en 2015 lors d’une soirée organisée en son honneur par le ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine. « Tounes [Tunisie en arabe], c’est aussi le prénom de ma mère. »

Le vendredi 1er avril fut dédié au travail de Sghaïer Ouled Ahmed à la Foire internationale du livre de Tunis, qui s’est tenue cette année du 25 mars au 3 avril. Le lendemain, plusieurs artistes, comédiens et amis du poète s’étaient réunis à l’espace culturel L’Agora pour célébrer quelques-uns de ses poèmes les plus marquants.

Hommages

Depuis l’annonce de son décès, de nombreux hommages du monde politique et culturel lui sont rendus, et les internautes tunisiens ont partagé leur peine en poèmes, en images ou en souvenirs.

La présidence tunisienne a présenté mardi ses condoléances à la famille du défunt via un communiqué, soulignant que le poète « a plaidé la cause du peuple tunisien, partagé ses peines et milité sans relâche pour sa liberté et sa dignité ».

La Fédération tunisienne des directeurs de journaux, le syndicat national des journalistes tunisiens ainsi que l’Union générale tunisienne du travail ont également salué le talent et le militantisme de Sghaïer Ouled Ahmed.

Hommage également à l’Assemblée des représentants du peuple :

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