Économie

Les affaires reprennent sur fond de pragmatisme économique

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Mis à jour le 1 juin 2011 à 10:50

Un forum de deux jours à Alger avec 700 entreprises des deux pays et la signature de deux accords en négociation depuis des années : la coopération économique franco-algérienne semble bien relancée.

Le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, et Jean-Pierre Raffarin, le 31 mai 2011 à Alger. Le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, et Jean-Pierre Raffarin, le 31 mai 2011 à Alger. © AFP

« Une certaine confiance retrouvée » entre la France et l’Algérie, a résumé sans emphase le ministre algérien de l’Industrie Mohamed Benmeradi. L’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, envoyé spécial du président Nicolas Sarkozy, s’est voulu tout aussi emphatique, saluant l’ouverture d’une « période où les relations sont à la fois apaisées, pragmatiques, opérationnelles ».

À la sortie du forum de deux jours qui réunissait les 30 et 31 mai à Alger quelque 700 entreprises françaises et algériennes, le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, a quant à lui parlé d’un « climat de grande franchise et de vraie amitié, tout cela dans un partenariat qui augure d’une nouvelle étape dans les relations franco-algériennes ».

Gros contrats à la clé

De fait, deux gros accords en négociation depuis plusieurs années sont venus couronner le forum. L’assureur français AXA a été autorisé à opérer en Algérie au sein d’une société où il détiendra 49 % des parts, les 51 % restants appartenant à ses partenaires locaux, la Banque extérieure d’Algérie (BEA) et le Fonds national d’investissements (FNI). C’est donc le deuxième assureur français, après la Macif, qui s’installe en Algérie après le règlement en 2008 d’un vieux contentieux algéro-français sur les assurances.

Deuxième gros contrat, le rachat par Saint-Gobain du leader de la verrerie algérienne Alver, a été acté lundi. Ne reste en suspens que le dossier de construction d’une usine de montage de Renault, toujours en négociation, mais avec bon espoir d’un accord prochain pour la production de 150 000 voitures. La mission dont était chargée Raffarin est donc presque terminée, a confirmé l’intéressé.

Signe d’une grande impatience entre les partenaires des deux pays, pas moins de 4 500 rendez-vous ont été fixés entre les opérateurs présents au forum. Selon M. Lellouche, les projets déjà réalisés ou en cours dépassent largement les 5 milliards d’euros d’investissements annoncés par Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Alger en 2007. Selon le secrétaire d’État, quelque 2,5 milliards d’euros ont déjà investis, auxquels il faut ajouter « au moins 4 ou 5 milliards d’euros supplémentaires » pour les autres projets en cours de réalisation.

Diversification et énergie

Le rapprochement entre les deux pays est évidemment un bonne nouvelle pour leurs économies durement éprouvées par la crise financière. Confrontée à un taux de chômage des jeunes dépassant de loin les 20 % officiels, l’Algérie vise les investissements français et les transferts de compétence. Elle veut créer de l’emploi et diversifier son économie pour amenuiser sa dépendance vis à vis des hydrocarbures, qui lui assurent 98 % de ses recettes en devises.

De son côté, Paris souhaite avant tout sécuriser un accès stratégique aux ressources naturelles de l’Algérie, d’abord en pétrole et en gaz. Mais la France, dont plus de 420 filiales d’entreprises opèrent en Algérie, est aussi le premier investisseur hors hydrocarbures dans le pays. En 2009, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 9 milliards d’euros. Dans un communiqué, les Français ont indiqué que, au cours du forum, les contacts « les plus importants et les plus fructueux ont été enregistrés dans huit filières », dont le BTP, l’agro-alimentaire, l’équipement industriel et les les TIC. (avec AFP)