Économie

L’Afrique toujours plus attractive pour les investisseurs étrangers

Depuis le début des années 2000, le continent gagne en attractivité auprès des décideurs économiques de la planète et la tendance devrait se confirmer d'ici à 2015, selon une enquête d'Ernst &Young.

Comme le Ghana, une dizaine de pays africains suscitent les faveurs des investisseurs. Comme le Ghana, une dizaine de pays africains suscitent les faveurs des investisseurs. © Emmanuel Quaye/Sipa

C’est un fait : le continent africain a un très fort potentiel de croissance. Ce qui incite de plus en plus les investisseurs étrangers à parier sur la rentabilité de l’économie africaine. Selon la première enquête sur l’attractivité du continent menée par le cabinet d’audit Ernst & Young auprès de 562 dirigeants et investisseurs potentiels, le nombre de projets d’Investissements directs étrangers (IDE) a bondi de 87 % en moins de dix ans (entre 2003 et 2010) et la tendance devrait encore s’accentuer d’ici à 2015.

À cette date, les flux d’investissements pourraient atteindre 150 milliards de dollars annuels. Et 42 % des décideurs interrogés envisagent d’accroître à court terme leur taux d’investissement vers le continent tandis que 19 % ont l’intention de le maintenir.

Plus des deux tiers (70 %) des nouveaux projets se concentrent dans 10 pays d’Afrique depuis 2003 (Afrique du Sud, Égypte, Maroc, Algérie, Tunisie, Nigéria, Angola, Kenya, Libye et Ghana). Les secteurs de l’industrie extractive, du tourisme, de la construction, des télécommunications ou encore des services financiers y sont les plus prisés des investisseurs.

Les pays émergents débarquent en force

Ce sont encore les pays développés qui investissent le plus sur le continent. Mais la part des IDE venant des pays émergents ne cesse de croître. Elle atteint désormais 38 % du total. Alors que les pays du Nord ont marqué le coup de la crise économique et se sont montrés plus frileux dans leurs investissements, ceux des pays émergents comme l’Inde et la Chine sont allés crescendo.

Les dirigeants de ces pays interrogés par Ernst & Young affirment à 74 % que l’Afrique est devenue pour eux une destination de plus en plus attractive au cours des trois dernières années. Et en dépit de l’instabilité politique et des troubles sociaux qu’ont connus plusieurs pays du continent africain récemment, les investisseurs demeurent confiants.

Changements politiques

Les changements politiques semblent même être perçus de manière positive. Les difficultés de certains États en crise n’affectent pas leur attractivité, même si leur économie est parfois profondément ébranlée, comme celle de la Côte d’Ivoire.

Pourquoi une telle foi en l’avenir ? Globalement, explique Ernst & Young, l’Afrique a entamé depuis la fin de la guerre froide de profondes réformes et restructurations de son économie, à l’échelle nationale et régionale, qui encouragent les dirigeants internationaux à croire en une croissance irréversible.

La maîtrise de l’inflation, la privatisation de nombreuses entreprises publiques et l’ouverture sur le commerce international sont autant de facteur de confiance. Mais selon l’étude, les futures stratégies d’investissement devront être plus axées encore sur la lutte contre la corruption et la misère, synonymes d’instabilité politique.

Cercle vertueux

La croissance des IDE permet à ces pays d’entrer dans un véritable cercle vertueux de croissance : les fonds injectés favorisent à moyen terme le réinvestissement des capitaux dans des projets d’infrastructures et de développement, ce qui favorise de nouveaux investissements.

L’impact est également fort sur la création d’emplois, puisque la croissance soutient le travail, du moins si la bonne gouvernance est de mise. Pour la seule année de 2015, l’enquête estime que près de 350 000 emplois seront créés en Afrique.

Enfin, un dernier signe ne trompe pas : les pays africains eux-mêmes investissent de plus en plus chez leurs voisins du continent. Le rapport d’enquête fait état d’une hausse de 21 % en sept ans de ces IDE continentaux, même si le montant total des capitaux investis par les pays africains chez eux demeure inférieur à celui des autres pays émergents.

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Consulter le rapport dans son intégralité (en anglais) ici.

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