Elections

Présidentielle au Tchad : la société civile se retire de la Commission électorale

| Par Jeune Afrique avec AFP
Vue de la Place de la Nation. à N’Djamena, capitale du Tchad.

Vue de la Place de la Nation. à N'Djamena, capitale du Tchad. © Abdoulaye Barry/ Jeune Afrique

L’Union des syndicats du Tchad (UST) dont le secrétaire générale a été arrêté par les autorités il y a une dizaine de jours, a annoncé vendredi le retrait des représentants de la société civile de différentes institutions, notamment de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), appelant au maintien d’une marche pacifique le 5 avril malgré son interdiction.

« En tenant compte de tout ce qui se passe et du maintien de nos camarades en prison, nous avons décidé à partir d’aujourd’hui le retrait de tous nos camarades de plusieurs institutions dont la Ceni », a déclaré à la presse, au nom de la plateforme de la société civile, le secrétaire général adjoint de l’UST, Goukouni Vaima, le 1er avril.

La société civile a également décidé de se retirer du Cadre national de dialogue politique (CNDP), du Conseil économique et social, du Collège de contrôle des revenus pétroliers et de l’Initiative de transparence pour les industries extractives (Itie).

Nous nous sentons bâillonnés

« L’attitude du gouvernement ne nous permet pas de collaborer avec ces institutions car nous nous sentons bâillonnés », a ajouté Goukouni Vaina.

Cette décision fait suite au maintien en détention de quatre responsables de la société civile : Mahamat Nour Ahmed Ibedou, porte-parole de la coalition Ça suffit, Younous Mahadjir, secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad (UST), Nadjo Kaina Palmer, porte-parole du mouvement Iyina (« On est fatigué ») ainsi que Céline Narmadji, porte-parole de la coalition « Trop c’est trop ».

Maintien de la marche pacifique le 5 avril

Goukouni Vaima a également confirmé le maintien de la marche du 5 avril, malgré son interdiction.

« Nous disons que la marche du 5 avril est maintenue. Nous avons écrit au ministre de la Sécurité pour demander l’itinéraire à suivre mais le ministre a refusé », a ajouté le porte-parole de la plateforme de la société civile. « En dépit de cette décision nous allons marcher et ferons en sorte que cette marche réussisse ».

Report du procès

Les quatre opposants tchadiens devaient comparaître jeudi devant un juge à N’Djamena. Mais, le procès a été interrompu au bout de 20 minutes et reporté au 7 avril.

« Nos clients sont détenus arbitrairement depuis 10 jours, ce renvoi est une manœuvre dilatoire pour les faire souffrir », a déclaré à la presse l’avocate de la défense, Me Delphine Kemneloum Djiraibé.

Les quatre activistes avaient été arrêtés le 21 et le 22 mars pour avoir appelé à manifester contre la candidature à un cinquième mandat du président tchadien Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans.

En début de semaine, l’appel à la grève générale pour obtenir leur libération avait été largement suivi.

 

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