Société

Décès de Zaha Hadid : les plus belles œuvres d’une star mondiale de l’architecture

Zaha Hadid, figure phare de l’architecture contemporaine, est brusquement décédée jeudi à l’âge de 65 ans dans un hôpital de Miami, aux États-Unis, d’une crise cardiaque consécutive à une bronchite.

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Mis à jour le 1 avril 2016 à 14:57

Peinture murale de Zaha Hadid. © Flickr/thierry ehrmann

« C’est avec une grande tristesse que Zaha Hadid Architects confirme que Zaha Hadid est décédée subitement à Miami tôt ce matin. Elle souffrait d’une bronchite contractée plus tôt cette semaine et a eu une crise cardiaque pendant son traitement à l’hôpital », a annoncé jeudi 31 mars son cabinet d’architecture, dont le siège est situé au cœur de Londres. Avec ce décès, le monde de l’architecture perd une de ses stars mondiales.

Première lauréate du prix Pritzker

Zaha Hadid, née en Irak en 1950, a d’abord choisi d’étudier les mathématiques à l’université américaine de Beyrouth, avant d’opter pour l’architecture et d’ouvrir son cabinet à Londres 1979. Elle deviendra la première et unique femme à avoir obtenu, en 2004, le prix Pritzker, l’équivalent du Nobel chez les architectes. Elle a également été la première femme à remporter la prestigieuse médaille d’or royale pour l’architecture, en 2016, après Jean Nouvel, Frank Gehry ou Oscar Niemeyer.

Hommages

Un flot d’hommages a suivit l’annonce de son décès, venant du monde de l’architecture mais aussi de personnalités politiques et culturelles louant sa carrière et sa personne. « Sa créativité avait bénéficié au monde entier (…), qui perd quelqu’un d’une grande énergie », a estimé le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi.

« Parmi les architectes ayant émergé au cours des dernières décennies, personne n’a eu autant d’impact qu’elle », a déclaré Richard Rogers, l’un des architectes du Centre Pompidou à Paris, au quotidien The Guardian. Ed Vaizey, ministre britannique de la Culture, et l’ex ministre de la Culture française Fleur Pellerin se sont aussi exprimés sur Twitter :

« Stupéfait d’apprendre la mort de la brillante architecte Zaha Hadid. Elle a énormément contribué à l’architecture moderne. »

Des réalisations remarquées à travers le monde 

« Il existe 360 degrés, alors pourquoi se cantonner à un seul ? », se plaisait à dire Zaha Hadid pour expliquer son style. Se revendiquant du déconstructivisme, courant qui remet en question les canons architecturaux classiques et revendique de repenser la géométrie des bâtiments, Zaha Hadid était réclamée aux quatre coins du monde.

On lui doit notamment le tremplin de saut à ski d’Innsbruck en Autriche, l’opéra de Canton en Chine,  et la tour du 3e groupe de transport maritime mondial CMA-CGM à Marseille. Elle a également créé la piscine des JO de Londres en 2012 et le Musée Guggenheim de Taichung (Taïwan). L’un de ses derniers projets est le bâtiment futuriste du Grand théâtre de Rabat, dont les travaux, toujours en cours, ont débuté en 2014. Parmi ses plus belles œuvres :

  • Le MAXXI (Musée national des arts du XXIe siècle) à Rome

Le MAXXI à Rome. © Flickr/chrisobayda

Le MAXXI à Rome. © Flickr/chrisobayda

  • Le Riverside Museum de Glasgow

Le Riverside Museum à Glasgow. © Geograph/Kim Treynor

Le Riverside Museum à Glasgow. © Geograph/Kim Treynor

  • Le Dongdaemun Design Plaza à Séoul

Le Dongdaemun Design Plaza à Séoul, vu de nuit. © Wikimedia Commons/Ken Eckert

Le Dongdaemun Design Plaza à Séoul, vu de nuit. © Wikimedia Commons/Ken Eckert

  • Le Galaxy Soho de Pékin

Le Galaxy Soho à Pékin. © Flickr/Forgemind ArchiMedia

Le Galaxy Soho à Pékin. © Flickr/Forgemind ArchiMedia

  • Une station du funiculaire d’Innsbruck, en Autriche

La station Hungerburg du funiculaire d'Innsbruck, Autriche. © Wikimedia Commons/Hafelekar

La station Hungerburg du funiculaire d'Innsbruck, Autriche. © Wikimedia Commons/Hafelekar

 

Son succès a été terni récemment par une polémique sur le stade Al Wakrah au Qatar qu’elle a conçu pour le Mondial 2022 (elle a nié lors d’une interview sur la BBC la mort d’ouvriers lors de la construction) et par une déconvenue au Japon. Choisie pour superviser la construction du stade olympique pour les JO de Tokyo en 2020, son projet, jugé trop onéreux, a finalement été abandonné l’année dernière.