Droits de l’homme

Égypte : la police dit avoir identifié les meurtriers de l’étudiant italien Giulio Regeni

Un rassemblement en l'honneur de Giulio Regeni devant l'ambassade d'Italie au Caire, samedi 6 février 2016.

Un rassemblement en l'honneur de Giulio Regeni devant l'ambassade d'Italie au Caire, samedi 6 février 2016. © Amr Nabil / AP / SIPA

L’assassinat de l’étudiant italien avait provoqué une vive polémique et jeté l’opprobre sur les forces de l’ordre égyptiennes. Deux mois après la disparition au Caire de Giulio Regeni, la police a affirmé jeudi avoir identifié ses meurtriers, indiquant avoir tué les quatre membres d’un gang criminel chez qui on a retrouvé le passeport et les effets personnels de l’étudiant.

Giulio Regeni avait disparu le 25 janvier en plein cœur du Caire. Son corps avait été retrouvé 9 jours plus tard en bordure d’autoroute dans la banlieue de la capitale, mutilé et torturé.

Promesse d’une « enquête transparente »

Depuis, la presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux en Égypte soupçonnent ouvertement ou en aparté des membres des services de sécurité de l’avoir enlevé et torturé à mort. Ce que le gouvernement égyptien démentait avec force, promettant à Rome une « enquête transparente » et « toute la vérité » sur la mort de ce doctorant de 28 ans de l’université britannique de Cambridge, qui effectuait un mémoire sur les syndicats ouvriers en Égypte.

Jeudi, le ministère de l’Intérieur avait dans un premier temps annoncé avoir tué « dans un échange de tirs » tous les membres d’un gang « qui s’était spécialisé dans l’enlèvement d’étrangers pour les voler, en se faisant passer pour des officiers de police ».

Fractures, brûlures, chocs électriques

Un second communiqué, accompagné de photos, affirme que la police a retrouvé chez la sœur d’un des membres de ce gang « un sac rouge (…) contenant un portefeuille en cuir, un passeport au nom de Giulio Regeni, sa carte de l’université américaine (du Caire) avec sa photo personnelle, sa carte de l’université de Cambridge ».

Giulio Regeni avait disparu le jour du 5e anniversaire de la révolte populaire de 2011. Un important dispositif policier avait été déployé à travers la capitale, les autorités réprimant toute manifestation de l’opposition. Selon l’autopsie, le jeune étudiant a subi de nombreuses fractures, des coups répétés, des chocs électriques aux parties génitales, et des brûlures.

Les relations entre l’Égypte et l’Italie en jeu 

L’affaire empoisonne les relations entre l’Égypte et l’Italie. Les autorités italiennes ont plusieurs fois prévenu l’Égypte que l’amitié entre les deux pays était en jeu. Et le Parlement européen avait adopté le 10 mars une résolution demandant lui aussi la « vérité » sur l’assassinat de Giulio Regeni.

Certains services de la police ou du renseignement sont régulièrement accusés par les organisations de défense des droits de l’homme égyptiennes et internationales de disparitions forcées, de détentions illégales d’opposants égyptiens, voire d’actes de torture et d’assassinat. Le président Abdel Fattah al-Sissi a récemment mis en garde les policiers qui recourraient à ce type d’exactions et certains font l’objet de procès.

Les autorités égyptiennes ont cependant assuré que l’étudiant italien n’avait jamais été arrêté, rejetant les accusations visant sa police. Et fin février, le ministère de l’Intérieur avait d’ailleurs indiqué que « toutes les pistes » étaient possibles, y compris celle du crime de droit commun.

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