Télécoms

Algérie : les télécoms souffrent en attendant l’internet mobile

En 2010, le marché de la téléphonie mobile a glissé sous la barre des 33 millions d’utilisateurs. Dans ce contexte, les opérateurs espèrent que l’arrivée de la 3G apportera un regain de dynamisme.

Le lancement des licences 3G se fait toujours attendre en Algérie. Le lancement des licences 3G se fait toujours attendre en Algérie. © Vincent Fournier/ J.A.

Prévu pour cette année, le lancement des licences 3G (ou 4G) se fait toujours attendre en Algérie. Et la Journée mondiale des nouvelles technologies, le 17 mai, aura de nouveau déçu la profession, qui attendait à cette occasion une annonce des autorités. « Le pays a cinq ans de retard », déplore Karim Abdelmoula, patron de la société de conseil OnMarket. Or l’absence d’internet mobile se traduit par un marché peu dynamique. Entre 2009 et 2010, le nombre d’utilisateurs a légèrement baissé, pour passer sous la barre des 33 millions – soit un chiffre d’affaires global de 2,1 milliards d’euros, hors fixe et internet. « L’obligation de s’identifier pour acheter une puce téléphonique complique les démarches des Algériens et limite la réserve d’abonnés encore disponibles », estime Karim Abdelmoula.

Sur ce marché atone, Djezzy, propriété du russe Vimpelcom depuis avril, reste dominateur, malgré les obstacles dressés sur sa route par l’État depuis dix-huit mois. Interdit d’importation d’équipements et de puces téléphoniques à la suite du contentieux fiscal qui l’oppose à Alger, boycotté en tant qu’annonceur par les chaînes de télé publiques, il a accusé en 2010 un recul de 13 points de sa part de marché (46 %). Mobilis, filiale d’Algérie Télécom, occupe la deuxième place (28,8 %), talonné par Nedjma (25,2 %), détenu à 80 % par le qatari Qtel. 

Résistance

Djezzy profite de l’absence de portabilité en Algérie, c’est-à-dire la possibilité pour un abonné de garder son numéro s’il change de réseau. Et même si l’opérateur a réduit ses investissements de 155 millions d’euros en 2009 à 63 millions en 2010, il n’a pas connu de départ massif de clients. En fin d’année, son chiffre d’affaires était néanmoins en retrait de 4,7 % (1,25 milliard d’euros). Un recul lié à la baisse de 6,9 % du revenu moyen par utilisateur (6,9 euros par mois), entraînant une chute de 7,2 % de la rentabilité calculée sur la base de l’Ebitda (revenus avant intérêts, impôts, taxes).

Ces derniers mois ont surtout mis en évidence la montée en puissance de Nedjma, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 25 % en 2010 (430 millions d’euros). La filiale de Qtel possédait d’ailleurs le plus gros budget publicitaire l’an dernier, avec 9,7 millions d’euros investis dans les médias nationaux. Soit 25 % de mieux que Mobilis et deux fois plus que Djezzy (4,8 millions d’euros). L’arrivée de grands comptes comme Danone (environ 7 000 lignes) parmi ses clients et une politique agressive vis-à-vis des entreprises ont permis à Nedjma de hisser son revenu mensuel moyen par utilisateur de 4,2 euros fin 2009 à 5,1 euros au premier trimestre 2011. Une progression qui a fait passer la marge Ebitda de 33 % en 2009 à 38 % fin 2010. « Pour la première fois depuis son démarrage en 2004, l’opérateur est même devenu rentable », souligne Mohssen Toumi, du cabinet de consulting Booz & Co. Un profit net de 7,1 millions d’euros a succédé à une perte de 24 millions d’euros en 2009.

Lourdeurs

Du côté de Mobilis, qui a publié pour la première fois son chiffre d’affaires l’an dernier (465 millions d’euros), le climat est moins serein. L’opérateur a perdu 200 000 clients en 2010. Des erreurs dans le positionnement des offres tarifaires et les lourdeurs réglementaires expliqueraient ce déclin. « Pour tous les achats supérieurs à 30 000 euros, Mobilis doit publier un appel d’offres qui peut n’aboutir qu’au bout de six mois, alors que Nedjma ou Djezzy prennent la même décision en une semaine. Sans compter qu’ainsi ses concurrents connaissent à l’avance les orientations stratégiques de l’opérateur public », explique Abderrafiq Khenifsa, directeur de la publication d’ITMag. Le programme d’investissement (790 millions d’euros sur cinq ans) annoncé par Algérie Télécom pourra peut-être relancer sa filiale. 

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