Politique

Tchad : trois leaders de la société civile arrêtés pour avoir appelé à manifester contre Deby Itno

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Mis à jour le 22 mars 2016 à 17:48

Place de la Nation à N’Djamena, le 8 mars 2012.

Trois leaders de la société civile tchadienne ont été arrêtés et sont actuellement détenus à la police judiciaire de N’Djamena après avoir appelé à manifester contre le président Idriss Deby Itno, selon des sources sécuritaires.

Le porte-parole de la coalition Ça suffit, Mahamat Nour Ahmed Ibedou, a été arrêté lundi par la police judiciaire pour avoir distribué des tracts appelant à une marche pacifique [ce mardi], a indiqué à l’AFP une source policière sous couvert d’anonymat. Placé en garde à vue, il a été mis à la disposition du procureur de la République qui a ouvert une enquête, a précisé cette source.

Ce mardi, deux autres figures de la société civile ont également été arrêtées par la police judiciaire de N’Djamena. Il s’agit du secrétaire général de l’Union des syndicats du Tchad (UST), Younous Mahadjir, ainsi que du porte-parole du mouvement Iyina (On est fatigué, en arabe local), Nadjo Kaina Palmer, recherché depuis lundi, a confirmé un officier de police de la ville.

Les manifestations parallèles à la campagne présidentielle interdites

Un mois après l’opération « villes mortes » qui, le 24 février dernier, avait été massivement suivie, ces organisations avaient appelé des derniers jours la population à marcher pacifiquement dans toutes les villes du pays pour protester contre le régime du président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, et candidat à sa propre succession, le 10 avril prochain.

Mais « seule les manifestations des candidats à l’élection présidentielle sont désormais autorisées », a fait savoir le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ahmat Mahamat Bachir, le 19 mars. Par conséquent, aucune manifestation n’a été signalée mardi à la mi-journée à N’Djamena ou en province.