Politique

Ce que l’on sait des attentats qui ont frappé Bruxelles

La menace était à son paroxysme depuis quelques jours. Mardi matin, plusieurs explosions ont frappé l’aéroport et le métro de Bruxelles. Voici ce que l’on sait des attentats qui ont meurtri la capitale belge.

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Mis à jour le 23 mars 2016 à 11:01

Les services d’urgence évacuent les victimes après l’explosion à la station de métro Maalbeek à Bruxelles. © Virginia Mayo/AP/SIPA

Deux lieux très fréquentés

L’aéroport de Zaventem a d’abord été visé. Deux explosions, dont une probablement provoquée par un kamikaze selon le parquet fédéral, s’y sont produites à 8h dans le hall des départs.

Une heure plus tard, vers 9h15, un autre attentat à la bombe survenait dans une rame de métro arrêtée à la station de Maalbeek, dans le quartier des institutions européennes.

Au moins une trentaine de morts, un bilan encore incertain

Les bilans des deux attentats sont encore incertains.

À l’aéroport, les pompiers ont annoncé que les explosions avaient coûté la vie à 14 personnes. Un bilan provisoire qui pourrait s’alourdir : plus de 90 personnes sont blessées, ont-ils précisé.

Évacuation des passagers du métro après l’explosion contre une rame, mardi 22 mars à Bruxelles. © Evan Lamos/AP/SIPA

Évacuation des passagers du métro après l’explosion contre une rame, mardi 22 mars à Bruxelles. © Evan Lamos/AP/SIPA

L’attentat dans le métro a fait au moins quinze morts et 55 blessés, a annoncé l’exploitant du réseau de transports en commun de la capitale, la Stib.

Là encore, le bilan pourrait rapidement être revu à la hausse : selon le maire de Bruxelles, Yvan Mayeur, l’explosion a « probablement » coûté la vie à une vingtaine de personnes, faisant également plus de 100 blessés.

La piste de l’attentat-suicide privilégiée à l’aéroport

Au moins un attentat-suicide se serait produit à l’aéroport. L’une des deux explosions « a probablement été provoqué[e] par un kamikaze », a déclaré le procureur général belge, Frédéric Van Leeuw.

Le groupe terroriste État Islamique a revendiqué les attentats

L’État islamique a revendiqué mardi après-midi via son « agence de presse » être l’auteur des attentats. Dans son communiqué, l’organisation terroriste évoque des attaques-suicides, à l’aéroport mais aussi à la station de métro Maalbeek.

Des images des suspects captées par la vidéo-surveillance

Une image montrant des auteurs présumés des attentats commis à l’aéroport de Bruxelles, captée par la vidéo-surveillance, a été diffusée par les autorités belges après avoir été relayée par les médias.

« Deux ont probablement commis un attentat-suicide », tandis que le troisième est « activement recherché », a indiqué le procureur. Les deux premiers, aux cheveux noirs, apparaissaient sur l’image (voir le tweet ci-dessous) la main gauche gantée de noir, poussant des chariots portant des valises noires.

Le troisième homme, recherché, porte une veste et une chemise claires, des lunettes sous un chapeau noir, et pousse également un chariot avec un gros sac noir. « Il est suspecté d’avoir commis l’attentat », écrit la police fédérale belge sur l’avis de recherche diffusé sur son site internet, en demandant à la population des renseignements pouvant contribuer à son identification.

La Belgique et l’Europe en alerte

La capitale belge, qui abrite le siège de la Commission européenne, est à l’arrêt. Alors que ses grandes artères sont vides, les lieux à proximité immédiate des attentats, comme la station de Maalbeek, sont toujours bouclés. Les transports en commun devaient cependant reprendre progressivement à partie de 16h.

Le niveau d’alerte anti-terroriste est passé mardi à son niveau maximal pour l’ensemble du royaume. La sécurité a été renforcée autour des deux centrales nucléaires de Doel et de Tihange, et le personnel non nécessaire à leur exploitation a été évacué.

Plusieurs pays européens ont également annoncé une série de mesures pour renforcer leurs dispositifs de sécurité, notamment dans les aéroports européens.

En France, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé le déploiement de « 1 600 policiers et gendarmes supplémentaires dans différents points (…) dont les infrastructures de transport aérien, maritime et ferroviaire ». Quelque 400 policiers ont également été déployés en Île-de-France dans les transports en commun.

Enquête et perquisitions en cours

Une enquête est en cours et toutes les forces de police de Belgique sont sur le pied de guerre. Les autorités craignent qu’il y ait encore des terroristes dans la nature, a indiqué mardi le chef de la diplomatie belge Didier Reynders.

« Diverses perquisitions sont en cours à plusieurs endroits du pays, plusieurs témoins sont également entendus », a précisé le procureur Frédéric Van Leeuw lors d’une conférence de presse, expliquant que trois juges d’instruction antiterroristes étaient mobilisés pour l’enquête sur ces attentats.

La police a trouvé « un engin explosif contenant entre autre des clous », ainsi que « des produits chimiques et un drapeau de l’État Islamique », organisation jihadiste qui a revendiqué les attentats, au cours de perquisitions dans la commune bruxelloise de Schaerbeek mardi après-midi, a ajouté le parquet fédéral dans un communiqué.

Le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, avait expliqué plus tôt dans la journée qu’un juge d’instruction avait été saisi très rapidement « afin de mettre tout en oeuvre pour essayer de retracer les auteurs éventuels (des attentats) et de voir s’il n’y a pas encore d’autres auteurs en fuite ».

Le parquet a instamment demandé à la presse de s’abstenir de communiquer des informations relatives à l’enquête judiciaire en cours afin « de ne pas nuire à l’enquête ». De leurs côtés, plusieurs médias faisaient état de perquisitions dans la région bruxelloise et de patrouilles dans les rues de Bruxelles.

Liens avec les attentats de Paris ?

Ces attentats de Bruxelles auraient-ils un quelconque lien avec l’arrestation de Saleh Abdeslam ? Pour l’instant, le parquet fédéral belge considère qu’il est « trop tôt pour établir un lien entre les attentats à Paris et ceux de Bruxelles perpétrés quatre jours après l’arrestation dans la commune bruxelloise de Molenbeek de ce suspect-clé des attaques du 13 novembre dans la capitale française.

Mais à en croire la télévision publique belge RTBF, les deux hommes portant des pulls noirs et marchant côte à côte sur la photo de la vidéo-surveillance diffusée par la police, seraient des frères et seraient bien liés aux attentats du 13 novembre à Paris.

Il s’agirait, selon elle, de Khalid et Ibrahim El Bakraoui, soupçonnés d’avoir loué des planques en Belgique pour les commandos des attentats de Paris.