Elections

Niger : second tour de présidentielle, sous la menace jihadiste

| Par AFP
Mis à jour le 20 mars 2016 à 10h55
Mahamadou Issoufou, président du Niger.

Mahamadou Issoufou, président du Niger. © Vincent Fournier/J.A

Le président sortant Mahamadou Issoufou est largement favori du second tour de la présidentielle dimanche au Niger, sur fond de menace jihadiste et de crainte de troubles politiques en l’absence du candidat d’opposition, dont le camp appelle au boycott.

Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures et devaient ferment à 19 heures (7 heures et 18 heures TU). La commission électorale dispose de cinq jours maximum pour proclamer les résultats, mais devrait le faire dès lundi ou mardi.

À Niamey, la plupart des bureaux ont pu ouvrir sans problème, parfois avec un peu de retard, a constaté l’AFP.

À l’école Lamartine, dans le quartier Bani-Zoumbou de Niamey, le premier électeur a pu voter vers 08h20. « Nous avons tout le matériel et nous avons commencé à voter sans les représentants de l’opposition », a affirme le président du bureau Mustapha Alio Mainassara, soulignant que des représentants de la Commission électorale et du parti du président sortant Mahamadou Issoufou étaient présents.

L’issue ne fait guère de doute : le chef de l’État sortant, 64 ans, qui brigue un deuxième quinquennat à la tête de ce pays ouest-africain parmi les plus pauvres du monde, devrait être réélu. Surnommé « le Lion », M. Issoufou a obtenu 48,43% au premier tour et négocié le ralliement de candidats devant lui permettre de franchir la barre des 50% sans problème.

Appel au boycott

De plus, l’opposition, qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne reconnaitrait pas le résultat du scrutin, a appelé au boycott alors que, cas de figure inédit, son représentant Hama Amadou, surnommé « le Phénix », est hospitalisé en France après avoir été emprisonné.

M. Amadou, 66 ans, a été évacué mercredi vers Paris depuis sa prison de Filingué (180 km au nord de Niamey), où il était détenu depuis novembre dans le cadre d’un trafic d’enfants présumé. Un dossier jugé « politique » par l’opposition, mais de « droit commun » selon le pouvoir qui souligne « l’indépendance de la justice ».

Dans ce pays enclavé de 18 millions d’habitants, les crises politiques ont souvent débouché sur des coups d’État ou des tentatives de coup d’Etat.

« Score stalinien »

Mais jeudi, le pays a dû faire face à un autre danger, avec deux attaques. L’une, dans l’ouest, attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), près des frontières bukinabo-maliennes, a coûté la vie à trois gendarmes. L’autre, dans l’est, attribuée aux islamistes nigérians de Boko Haram, qui ont fait allégeance au groupe Etat islamique, a vu cinq kamikazes tuer un officier supérieur de l’armée.

« Aqmi a voulu donner un signe avant les élections », a déclaré le ministre de l’Intérieur Hassimi Massaoudou, qui assure que « comme au 1er tour, toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité ».

Aucune attaque n’avait eu lieu lors du 1er tour qui s’était déroulé de manière chaotique dans de nombreuses localités en raison de problèmes logistiques.

Pendant la campagne, M. Issoufou, ancien opposant historique du charismatique président Mamadou Tandja, a mis en avant son bilan, assurant avoir doté le pays d’infrastructures, lutté efficacement contre la pauvreté et rétabli la sécurité face à la menace islamiste.

Ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, Hama Amadou, qui avait soutenu M. Issoufou au deuxième tour en 2011, a rejoint l’opposition en 2013.

Emprisonné, il n’a pas pu battre campagne. Ses partisans critiquent la mauvaise gouvernance du régime et son incapacité à enrayer la pauvreté, dans un pays où 76% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

L’opposition a appelé à un « boycott actif sans violence ». « Issoufou pourra proclamer les résultats qu’il veut, cela ne nous concerne pas », a déclaré le porte-parole de la Coalition de l’opposition pour l’alternance (Copa 2016), Ousseïni Salatou.

Avec ce boycott, le président Issoufou devrait obtenir « un score stalinien » à l’image du régime, selon l’opposition.

Dans ce climat tendu, organisations religieuses, chefs traditionnels et syndicats ont appelé « au dialogue » et à « l’apaisement ».

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