Politique

Algérie : le retour en grande pompe de Chakib Khelil suscité un tollé

Chakib Khelil en Algérie, le 15 décembre 2008.

Chakib Khelil en Algérie, le 15 décembre 2008. © OUAHAB HEBBAT/AP/SIPA

En exil suite aux accusations de corruption dans l’affaire Sonatrach, Chakib Khelil est rentré ce jeudi 17 mars en Algérie. Un retour perçu par beaucoup comme une provocation.

Chakib Khelil, ancien ministre de l’Énergie et des Mines, est de retour en Algérie après avoir quitté précipitamment le pays il y a près de trois ans, accusé de corruption et de malversations dans l’affaire Sonatrach. Jeudi 17 mars, il a été accueilli dans la salle d’honneur de l’aéroport d’Oran.

https://twitter.com/EnnaharTvFr/status/710545743002673153

Des garanties de retour ?

Avec ce retour, c’est aussi la justice algérienne qui se retrouve en porte-à-faux. Plusieurs Algériens y voient là une provocation, et dénoncent un manque d’indépendance et de neutralité judiciaires. D’autres se posent des questions quant au message envoyé par les autorités : s’agit-il là d’une prime à l’impunité ? Est-ce une façon d’enterrer les affaires de corruption autour de l’affaire Sonatrach ?

Selon Ennahar TV, Chakib Khelil est revenu « après s’être assuré que les poursuites engagées contre lui ont été abandonnées ». La chaîne avance aussi que « c’est une enquête ordonnée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a démontré son innocence. »

Sur sa page Facebook, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Mokri, s’est indigné contre le fait que l’ancien ministre puisse revenir « innocenté et honoré » et reproche au président algérien son changement d’avis, lui qui « accusait Khelil d’avoir détruit l’économie et constitué une association internationale de malfaiteurs, avant de déclarer son innocence et ses compétences ».

Capture d'écran/Facebook/Abderrezak Mokri

Réaction suite au retour de Chakib Khelil. © Capture d’écran/Facebook/Abderrezak Mokri

Mohamed Douibi, secrétaire général du mouvement Ennahda, a quant à lui déclaré au site TSA que « les indices de l’absence de la justice étaient évidents », et de déplorer « une preuve que l’État de droit n’est pas consacré en Algérie » ainsi qu’une « provocation contre les citoyens ».

Indignation et humour de la part des Algériens

« Retour sur les lieux du crime », titre de manière provocante le site Impact24. Il « revient sur Alger comme si de rien n’était ! », s’exclame Le Matin DZ.

Une ambiance qu’on retrouve également sur les réseaux sociaux, où le hashtag #ChakibKhelil s’est hissé dans le top 3 des tweets vendredi. Entre humour, incompréhension et colère, les internautes algériens n’ont pas mâché leurs mots :

 

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