Économie

L’Algérie renforce le contrôle de ses importations

Depuis le 15 mars, les importateurs ont obligation de déposer une demande de « pré-domiciliation bancaire électronique » – une étape supplémentaire dans les opérations d’import ou d’export qui vise à réduire leur volume. L’Algérie, dont les déficits commerciaux explosent avec la baisse des cours du pétrole qu’elle exporte abondamment, veut réduire de 15% ses importations en 2016.

Par - à Alger
Mis à jour le 17 mars 2016 à 18:51

Sur le port d’Alger. © XINHUA/ZUMA/REA

Le commerce extérieur algérien devra s’astreindre à une nouvelle formalité. « À compter du 15 mars 2016, tout acte définitif de domiciliation des opérations d’importation ou d’exportation de biens et services est soumis à la procédure de pré-domiciliation électronique » a indiqué, lundi 14 mars, une note de la Banque d’Algérie adressée aux banques.

Autrement dit, les opérateurs doivent désormais accomplir une étape supplémentaire dans l’opération d’import ou d’export, à savoir remplir la demande de pré-domiciliation en question sur les sites internet des banques et attendre sa validation avant de pouvoir déposer la demande de domiciliation. Jusqu’à présent, la demande de domiciliation se faisait directement auprès des banques.

Réduire les importations

Pour l’État algérien, cette nouvelle mesure, qui avait été annoncée en juillet dernier par le directeur général des Douanes, Kaddour Bentahar, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le transfert illicite des devises : « Nous n’aurons plus une double facturation d’une opération commerciale à l’international comme cela se faisait couramment dans le passé », a ainsi justifié Kaddour Bentahar dans une déclaration à l’APS, le jour de l’entrée en vigueur de la disposition, mardi 15 mars.

Cette disposition vise aussi à renforcer le contrôle sur les opérations de commerce extérieur au moment où l’Algérie voit son déficit commercial exploser et ses réserves de change fondre comme neige au soleil sous le coup de la chute des cours du pétrole que l’Algérie exporte abondamment.

Un contexte qui a poussé le gouvernement à mettre en place un plan d’action opérationnel de lutte contre les importations frauduleuses. Son ambition est de rationaliser les importations, et ainsi abaisser la lourde facture qu’elles font peser sur la balance commerciale.

Incompréhension

Mais l’argument ne passe pas du côté des entreprises. « Cette mesure est incompréhensible, aussi bien pour les opérateurs économiques que pour les banques », s’exclame Slim Othmani, président du conseil d’administration de l’entreprise de boissons NCA Rouiba, contacté par Jeune Afrique. « Elle ne fait que rajouter de la bureaucratie en plus et entraver la compétitivité des entreprises algériennes sans régler pour autant définitivement le problème de fond des importations trop élevées ».

D’autant que du côté des banques, les sites internet ne sont pas tous prêts à accueillir et traiter les demandes de pré-domiciliation de leurs clients. « On s’est adressé aux banques mardi pour savoir comment faire et elles nous ont répondu qu’elles n’étaient pas encore en mesure de répondre à cette mesure », souligne Slim Othmani. Mardi, plusieurs importateurs ont vu leurs marchandises bloquées au port d’Alger, faute d’avoir pu se mettre en conformité avec la nouvelle mesure.