Télécoms

Cameroun : Orange et MTN bientôt chahutés

Deux, voire trois nouvelles licences de téléphonie mobile vont être octroyées. De quoi stimuler la concurrence et, peut-être, faire baisser les prix.

Depuis 2000, deux opérateurs, les filiales du français Orange et du sud-africain MTN, règnent au Cameroun sans partage sur le marché camerounais de la téléphonie mobile. Une situation pour le moins paradoxale pour un pays qui fut parmi les premiers du continent à introduire le système GSM sur son territoire (en 1989), qui a libéralisé le secteur en 1998, et dont les voisins, bien que moins peuplés, comptent trois opérateurs (Tchad), voire quatre (Centrafrique, Congo et Gabon).

Faire baisser le coût de communication

Un état de fait auquel le gouvernement compte remédier en octroyant des licences à de nouveaux opérateurs. S’appuyant sur les conclusions d’une étude du cabinet Network Dynamics Associates sur la taille critique du marché, le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) a confirmé qu’il lancera avant la fin de l’année l’appel à manifestation d’intérêt pour l’obtention des concessions. En stimulant la concurrence, l’objectif est d’améliorer la qualité du service et d’entraîner une baisse substantielle du coût des communications d’ici à 2015, pour atteindre un taux de pénétration du mobile de 76 % (contre 42 % en 2011) et un taux minimal d’accès à internet de 10 % (5 % en 2011).

Bien que le coût moyen des communications soit passé de 500 F CFA à 80 F CFA (d’environ 0,8 à 0,12 euro) par mnute entre 2000 et 2011, il reste parmi les plus élevés du continent. L’ouverture du marché devrait permettre de le faire passer sous la barre des 50 F CFA par minute d’ici à trois ans.

Il s’agit par ailleurs de remédier au faible taux d’équipement en téléphonie mobile et au médiocre taux d’accès à internet. L’Etat  a investi plus de 40 milliards de F CFA dans l’installation, en cours, d’une infrastructure de fibre optique à très haut débit (lire pp. 76-77), qui sera ouverte à tous les opérateurs et qui permettra de passer à l’internet mobile haut débit (3G) tout en évitant la saturation du réseau.

L’Etat compte parallèlement améliorer le taux d’équipement en matériel dans les institutions : pour l’heure, moins de 10 % des administrations et des entreprises du pays sont équipées d’un ordinateur, moins de 30 % des administrations sont connectées à internet (et seul 1,5 % de la population).

Ouverture à la concurrence

Si l’on ignore encore qui seront les postulants et les heureus élus, l’émirati Etisalat (avec sa marque Moov) et l’indien Bharti Airtel – réputé pour pénétrer les marchés par ses petits prix et qui pourrait introduire sur le marché camerounais ses kits Village Phone, expérimentés en RD Congo dans les zones rurales – apparaissent parmi les plus techniquement qualifiés et motivés pour remporter la partie.

Mais les jeux sont loin d’être faits. Camtel, qui devrait conserver le monopole du téléphone fixe, pourrait bien se décider à se positionner pour obtenir une licence sur le segment portable (il avait cédé sa concession à MTN en 2000). Certains évoquent aussi le fournisseur d’accès internet, Ringo (contrôlé par le fonds Glenar, basé en Suisse), qui, après trois ans de présence dans le pays, a déjà couvert presque tout le territoire en menant une politique de prix bas et de services réactifs, et pourrait tenter de se positionner désormais sur le segment de la téléphonie.

Quels qu’ils soient, les nouveaux opérateurs se verront livrer une sévère concurrence de la part de MTN Cameroon et Orange Cameroun, dont les agences et infrastructures sont désormais bien implantées sur l’ensemble du territoire.

 

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