Télécoms

MTN se déploie dans le fixe et l’internet

L'opérateur sud-africain ne se contente plus de la téléphonie mobile et vient contester le leadership de France Télécom sur d'autres marchés.

 

La concurrence dans le secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire va-t-elle s’animer durant les prochains mois ? De nombreux observateurs en sont persuadés, après le déploiement, ces dernières semaines, des premières offres de téléphonie fixe et d’internet aux couleurs de la multinationale sud-africaine MTN. Depuis son entrée sur le marché ivoirien en juillet 2005 avec le rachat de Loteny Telecom (marque Telecel), celle-ci n’était présente que dans la téléphonie mobile.

Pour l’instant, deux produits ont été rendus publics dans le cadre d’une grande campagne de communication. D’abord FixNet, une solution prépayée offrant un téléphone fixe sans fil, rechargeable à volonté grâce à des cartes, et une connexion internet illimitée. Le matériel coûte 48 000 F CFA (73 euros) et l’abonnement mensuel entre 5  000 et 10 000 F CFA (de 7,50 à 15 euros). Ensuite MTN V3000, qui permet de se connecter à internet via une clé USB très haut débit, pour un coût d’acquisition de 59 000 F CFA (90 euros) et un forfait mensuel de 19  000  F CFA (29 euros).

Jusqu’à  présent, le marché ivoirien se caractérisait par une forme de paradoxe. D’une part une forte compétition dans le segment de la voix, avec cinq opérateurs de téléphonie mobile : Orange (36 % de part de marché), MTN (35 %), Moov (16 %), Comium (8 %) et GreenN (5 %). D’autre part une forte domination, sur les marchés du fixe et de l’internet, de Côte d’Ivoire Télécom (CIT) et d’Aviso, contrôlées par le groupe France Télécom. Dans un contexte où les acteurs rechignent à publier leurs chiffres, le seul indice demeure l’étude de 2007 commandée par le régulateur, l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire, qui établissait la part de marché de CIT à 96 % sur le fixe et celle d’Aviso à 58,7 % sur l’internet, loin devant le numéro deux, Africa Online (19,5 %).

Politique de rachats

Dès son entrée sur le marché ivoirien, MTN s’est demandé comment se battre à armes égales avec son concurrent principal, qui disposait de tous les outils pour attaquer le secteur des télécommunications dans toutes ses composantes », explique un membre du comité de direction de la filiale de la multinationale sud-africaine. L’opérateur s’est ainsi lancé dans une politique de rachats. Il a acquis en mai 2008 le fournisseur d’accès internet Afnet (16 % de part de marché) et en septembre 2008 l’opérateur de fibre optique Arobase Télécom (4 % du marché de la téléphonie fixe). En mars 2009, un consortium de neuf banques lui octroyait un crédit de 116 millions d’euros destiné notamment à investir « dans de nouvelles solutions de téléphonie fixe, internet et données ». Après près de deux ans de restructuration et la mise à l’écart des patrons historiques d’Arobase Télécom et d’Afnet, MTN Côte d’Ivoire peut désormais être assimilé à un « opérateur intégré ».

L’enjeu est d’une importance capitale. Internet sera l’un des moteurs de la croissance du secteur des télécommunications en Afrique dans les prochaines années. En Côte d’Ivoire, le régulateur a déjà annoncé l’octroi imminent de licences 3G. La technologie WiMax (le haut débit par voie hertzienne) occupe également le devant de la scène. Des licences ont déjà été délivrées au petit fournisseur d’accès internet VIPnet et à l’opérateur de téléphonie mobile Comium. Le groupe Bolloré attend la sienne.

 

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