Politique

États-Unis : pour Donald Trump, « l’islam hait l’Occident »

La campagne de Donald Trump, candidat aux primaires républicaines, s’enlise chaque jour un peu plus dans la provocation, tandis que ses supporteurs en viennent parfois aux mains.

Mis à jour le 11 mars 2016 à 14:40

Le candidat républicain Donald Trump. © Capture d’écran YouTube

Une campagne aux primaires républicaines n’aura certainement jamais été aussi nauséabonde. Le favori, Donald Trump, ne manque aucune occasion de provoquer en prenant des positions extrêmes qui mécontentent son propre camp. Mercredi soir, à la veille du débat en Floride qui l’opposera aux trois derniers candidats, le milliardaire ne s’est pas illustré par sa finesse.

Dans une interview à CNN, il a une nouvelle fois fustigé l’islam. Lorsqu’Anderson Cooper, star de la chaîne, lui demande s’il pense que l’islam est en guerre contre l’Occident, Trump ose aller plus loin encore : « Je pense que l’islam nous hait. Il y a une sorte de haine immense là-bas. Il y a une immense haine. Nous devons aller au fond des choses. Il y a une haine incroyable contre nous. »

Violence contre un militant noir en Caroline du Nord

Et les partisans du candidat républicain ne brillent pas plus par leur finesse. Lors d’un meeting du candidat le jour même en Caroline du Nord, un Africain-Américain anti-trump a été violemment frappé par un militant. Rakeem Jones était venu au rassemblement avec des amis – un gay, un musulman et une femme blanche – pour mener ce qu’ils ont qualifié d’ »expérience sociale » : crier des slogans anti-trump et pro « Black Lives Matter » (mouvement défendant les droits des Africains-Américains).

Repéré par les forces de sécurité, ils sont rapidement évacués de la salle. Mais sur le chemin, Rakeem Jones est violemment frappé au visage par John McGraw, un supporter âgé de 78 ans, qui n’est pas immédiatement interpellé, tandis que Jones est plaqué au sol. La scène filmée et partagée sur internet, a suscité une vague d’indignation, conduisant à l’arrestation jeudi de l’agresseur. Il sera jugé en avril pour « agression, voie de fait et trouble à l’ordre public », a rapporté Sean Swaid, porte-parole de la police du comté de Cumberland.