Télécoms

MTN renoue avec l’Inde

| Par Jeune Afrique

Un an après l’échec des premières négociations, le numéro un africain du téléphone mobile se rapproche de Bharti Airtel en vue d’une fusion.

AirtelLogoC’est reparti. L’échec de la tentative menée entre le 5 et le 24 mai 2008 n’a pas découragé les dirigeants du groupe sud-africain MTN ni ceux de l’indien Bharti Airtel. Les voilà à nouveau engagés dans des négociations exclusives devant conduire à terme à une fusion. Tous deux sont présents sur des marchés qui restent très prometteurs. En un an, MTN a gagné 30 millions de clients dans les 21 pays où il est implanté, dont 15 sur le continent, et prévoit d’en ajouter encore 22,6 millions cette année. En Inde, où le taux de pénétration du téléphone mobile est de 35 %, 15,6 millions de nouveaux clients ont été conquis sur le seul mois de février. Bharti Airtel détient 24 % de ce marché et cherche à s’implanter à l’étranger. Si elle est menée à bien, leur fusion créera un champion de plus de 200 millions d’abonnés, troisième mondial par la clientèle, derrière China Mobile et Vodafone, et 18e mondial par le chiffre d’affaires, entre le sud-coréen KT et le norvégien Telenor. MTN est actuellement 27e (CA de 12,3 milliards de dollars en 2008) et Bharti Airtel 40e (7,2 milliards de dollars). En Bourse, ce géant pèserait 63 milliards de dollars, autant que l’allemand Deutsche Telekom…

Les deux groupes se sont-ils donné de meilleures chances d’aboutir ? Il y a un an, Bharti Airtel avait lancé une offre publique d’achat puis rompu le dialogue quand MTN avait proposé des participations croisées. La perspective du changement de nationalité de l’opérateur sud-africain, devenu le symbole de « l’Afrique qui gagne », avait suscité une vive levée de boucliers dans le pays. Aujourd’hui, les négociations portent dès le départ sur une offre d’achat et d’échange d’actions qui permettrait à Bharti d’obtenir 49 % de MTN, qui détiendrait, lui, 36 % de son partenaire indien. Le simple fait que les deux groupes aient officiellement repris le dialogue témoigne certainement de leur volonté d’aboutir. Ils ont fixé au 31 juillet la date limite pour boucler le dossier, qui devra ensuite être validé par les autorités de régulation des télécoms des deux pays. Cette étape pourrait prendre plusieurs mois en Afrique du Sud, où l’opinion publique s’inquiète de la montée des actionnaires étrangers au capital des fleurons de l’économie nationale (voir tableau). La prise de contrôle de Vodacom, numéro un sud-africain du GSM, par le britannique Vodafone attend d’ailleurs le feu vert des autorités de la concurrence depuis janvier.

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