Côte d’Ivoire – Yacouba Konaté : « Le Masa veut faire vivre le marché africain des arts du spectacle »

Le percusionniste burkinabè Adama Dramé lors de la cérémonie d'ouverture du MAsa 2016, le  5 mars à Abidjan.

Le percusionniste burkinabè Adama Dramé lors de la cérémonie d'ouverture du MAsa 2016, le 5 mars à Abidjan. © DR / Facebook

Après une première réouverture en 2014 suivant une période de sept ans d’interruption, le Marché des arts du spectacle africain se tient à nouveau depuis le 5 mars au Palais de la culture de Treichville, à Abidjan. Pendant une semaine, artistes et opérateurs culturels vont multiplier les rencontres. Yacouba Konaté, directeur général du Masa, décrypte pour Jeune Afrique les spécificités de cette 9e édition. Interview.

Jeune Afrique : La thématique retenue de la 9e édition du Masa est la réinvention des arts de la scène. Qu’est-ce que cela signifie ?

Yacouba Konaté : Prenons l’exemple très précis du secteur de la danse. Depuis les années 1990, l’Afrique a mis à l’ordre du jour la danse dite contemporaine. Mais à qui s’adressent ce type de spectacles ? Au départ, ils ciblaient les marchés occidentaux… La question est donc de savoir comment on peut faire un spectacle de danse dite contemporaine qui puisse parler à différents publics, aussi bien au niveau international que local. Je pense que le postulat de base serait de donner des moyens de scénographier les créations et de les concevoir d’une manière à leur redonner de l’actualité. C’est ici qu’intervient la question de la réinvention.

Qui dit marché dit « acheteurs » : qui sont-ils ?

Le projet du Masa est né au début des années 1990. À l’époque les artistes africains se plaignaient d’avoir du mal à pénétrer le « marché » – comprendre le marché occidental que seuls quelques stars comme Alpha Blondy ou Manu Dibango et quelques rares autres avaient réussis à pénétrer. Aujourd’hui, il s’est créé un grand nombre de festivals en Afrique.

Nous n’avons pas sur le continent un grand nombre de salles qui fonctionnent de manière régulière mais, en revanche, on a beaucoup de festivals. L’ensemble donne une sorte de marché africain que nous voulons faire vivre. Ici, les acheteurs sont les directeurs de festivals, les directeurs de salles et les programmateurs. Les artistes, quant à eux, viennent avec leur manager pour se produire et nous essayons de créer le contact entre acheteurs et vendeurs.

Qui finance le Masa ?

Avant 2014, il était financé à 70% par la coopération internationale. Aujourd’hui, même si nous n’avons pas encore tous les chiffres exacts, il est financé à environ 60% de manière institutionnelle, mais si je compte tous les partenaires ivoiriens, publics et privés, le Masa est financé au moins à 73,3% par la Côte d’Ivoire. Les responsables politiques doivent comprendre que la culture a besoin de subventions et que ce que nous faisons, c’est une opération d’éducation populaire.

Parmi la trentaine de pays qui assistent à cette neuvième édition on compte la présence de la Chine. Pourquoi ce choix ?

Trente neuf pays participent à cette neuvième édition. Ma philosophie de base est la suivante : si un spectacle japonais ou chinois peut parler au public africain et inspirer les créateurs africains il faut montrer ces spectacles. Pour l’instant, la Chine ne nous en a pas envoyés mais il y a deux ou trois ans, on a vu passer ici des spectacles japonais de danse contemporaine. Bien que ce Masa s’adresse d’abord au continent et à ses différentes diasporas, nous sommes en dialogue avec le reste du monde.

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