Économie

Afrique : des entreprises marocaines sur les traces des pionniers

De grandes sociétés ont joué le rôle d'éclaireurs hors des frontières du royaume. Et continuent à décrocher de nouveaux marchés.

En avril 2000, moins d’un an après son avènement, Mohammed VI présentait les orientations prioritaires de sa politique extérieure : « L’un des objectifs stratégiques de notre diplomatie consiste à mieux s’adapter aux mutations internationales dans le but de parvenir à une plus grande intégration dans l’économie mondiale. » Jusqu’alors, si les excellentes relations de Hassan II avec nombre de chefs d’État africains avaient favorisé les relations d’affaires, la politique extérieure du royaume n’avait jamais été mise si clairement au service de son rayonnement économique.

De fait, les pionniers de l’aventure africaine sont pour la plupart des entreprises publiques ou proches du pouvoir, comme l’opérateur historique Maroc Télécom (désormais détenu à 53 % par Vivendi), ou l’Omnium nord-africain (ONA), dont la famille royale est actionnaire et qui a fusionné avec la Société nationale d’investissement (SNI) en 2010.

Des spécialistes de l’eau plébiscités

Depuis près de dix ans, l’Office national de l’eau potable (Onep) développe une stratégie africaine. Son premier exploit à l’international : un contrat de 220 millions de dollars (175 millions d’euros d’alors) pour l’alimentation en eau potable de Nouakchott (Mauritanie), décroché en octobre 2006. Comme le souligne son directeur général, Ali Fassi Fihri, à l’occasion de ces travaux, « le Maroc a pu partager et transmettre son expertise en la matière ». L’Office ne s’est pas arrêté là. En 2008, à l’issue d’un appel d’offres international qui l’opposait à des géants mondiaux, il a remporté, avec un groupement marocain, un marché d’adduction d’eau potable couvrant une centaine de localités au Cameroun. Il est actuellement en phase de rapprochement avec l’Office national de l’électricité (ONE), qui a conclu de nombreux contrats d’électrification, d’assistance technique et de formation dans différents pays d’Afrique centrale et de l’Ouest.

En 2005, la Comanav, compagnie publique de transport maritime, reçoit la mission d’aller au Sénégal désenclaver la Casamance isolée après le naufrage du ferry Joola. Après le succès du programme d’électrification marocain, l’Office national d’électricité (ONE) signe en 2006 des concessions à Nouadhibou (Mauritanie) et Freetown (Sierra Leone), et se lance notamment en Gambie, au Niger, au Tchad et au Sénégal, où il négocie actuellement un nouveau contrat.

Offensive bancaire

Grand vecteur de la pénétration marocaine en Afrique, Royal Air Maroc multiplie les destinations sur le continent depuis dix ans, favorisant la circulation des personnes et des biens. Un autre réseau vital pour le développement des échanges entre le royaume et ses voisins a pris forme dans les années 2000 avec l’arrivée en force des trois grandes banques nationales, la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), Attijariwafa Bank et la Banque centrale populaire, aujourd’hui présentes dans une quinzaine de pays. La BMCE a notamment pris, fin 2009, une participation majoritaire dans le groupe panafricain Bank of Africa.

Gage de stabilité et d’opportunités, la présence continentale de ces fleurons nationaux a convaincu nombre de sociétés de se positionner dans leur sillage. Le défi est aujourd’hui d’y attirer les PME, forces vives de l’économie marocaine. 

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