Sécurité

Mali : 200 jeunes « déradicalisés » s’engagent à quitter les groupes « jihadistes »

Mohamed Maouloud Ould Mohamed, chargé de l'entretien d'un mausolée de Tombouctou, se recueille le 4 avril 2014 sur l'une des tombes détruites par les terroristes.

Mohamed Maouloud Ould Mohamed, chargé de l'entretien d'un mausolée de Tombouctou, se recueille le 4 avril 2014 sur l'une des tombes détruites par les terroristes. © Baba Ahmed / AP / SIPA

Au terme d’une campagne de sensibilisation menée discrètement durant plusieurs semaines par divers acteurs locaux, deux cents jeunes ont accepté de se désengager des groupes jihadistes qui sévissent dans la région de Mopti (centre).

« Deux cents jeunes ont accepté de déposer les armes et de quitter les rangs des jihadistes », a déclaré ce mardi Hama Cissé, notable et ex-maire d’une localité de la région de Mopti, située à la lisière du nord du Mali.

Ils « ont accepté de se ‘déradicaliser’. Actuellement, ils sont dans la région de Mopti pour convaincre d’autres jeunes de déposer les armes », a ajouté Hama Cissé.

Principalement des membres du FLM

D’après d’autres membres du collectif ayant mené la campagne de sensibilisation, ces jeunes seraient essentiellement membres du Front de libération du Macina (FLM), un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, et apparu début 2015. C’est un allié d’Ansar Dine, le groupe jihadiste de l’ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, qui a contrôlé la région de Mopti pendant près de dix mois, entre 2012 et 2013.

Plusieurs attaques perpétrées dans le nord et le centre du pays ont été revendiquées par ces groupes ou leur ont été attribuées. Le 12 février dernier, six soldats guinéens ont ainsi été tués dans l’attaque de l’une des bases de la mission des Nations unies au Mali (Minusma) à Kidal, dans le nord du pays.

Une opération de sensibilisation discrète

L’opération qui a duré plusieurs semaines, impliquant des responsables gouvernementaux, élus locaux, chefs religieux, associations et notables de cette région, n’a pas été médiatisée.

D’après Ousmane Diallo, un des membres du collectif, certains des jeunes « ont fourni des précisions sur des attaques commises par les groupes islamistes auxquels ils appartenaient », tandis que d’autres agissaient « en groupes isolés », s’en prenant à des civils et des symboles de l’État.

Ces jeunes sont nos enfants. La plupart ne savait pas ce qu’ils faisaient

« Ces jeunes sont nos enfants. La plupart ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Il est normal d’être intervenu », a affirmé l’imam Hamadou Cissé, membre de Tabital Pulaku, influente association de Peuls du Mali.

Processus de désarmement prévu par l’accord de paix

Un ministre a indiqué à l’AFP sous couvert d’anonymat que le gouvernement souhaitait inclure les jeunes dans le processus de désarmement prévu par l’accord d’Alger pour la paix au Mali signé en mai-juin 2015. « C’est une solution qui permettra de les éloigner les groupes extrémistes », a-t-il dit.

 

 

 

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